Le Conseil musulman de Belgique prolongé d’un an en tant qu’organe représentatif officiel
L’agrément temporaire du Conseil musulman de Belgique en tant qu’organe représentatif officiel du culte islamique dans le pays a été prolongé d’une année supplémentaire, annonce vendredi la ministre de la Justice Annelies Verlinden. Le Conseil musulman restera donc, de manière provisoire, le porte-parole et “l’organisateur” de la communauté musulmane au moins jusqu’au 25 juin 2027.
Le Conseil musulman de Belgique avait été désigné de manière provisoire par le précédent ministre, Vincent Van Quickenborne, en 2023, après que l’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) avait perdu son agrément à la suite d’un rapport alarmant de la Sûreté de l’État et d’accusations répétées de gestion amateuriste et peu transparente. Le but était de lancer un processus de “renouvellement” de l’organe représentatif du culte islamique, dans un contexte de tensions internes à la communauté musulmane et d’inquiétudes du fédéral quant aux risques d’ingérence étrangère.
Après deux ans, il a été constaté qu’il fallait davantage de temps, rappelle la ministre de la Justice. Elle avait donc prolongé une première fois l’agrément du Conseil musulman en tant qu’organe représentatif provisoire. Un an plus tard, le constat est que le processus “ne peut pas encore être considéré comme entièrement achevé“, communique-t-elle vendredi. “Au cours de l’année écoulée, le Conseil musulman de Belgique a suivi un parcours exigeant de modernisation institutionnelle”. Il a “franchi des étapes importantes vers la mise en place d’un modèle de gouvernance transparent“, et la nouvelle équipe dirigeante “semble assumer les missions de cet organe (…) de manière stable et professionnelle“, souligne la ministre. Mais “la représentativité reste un sujet de préoccupation“, constate-t-elle. “Toutes les mosquées ne sont pas pleinement impliquées“.
Des “efforts supplémentaires” sont donc encore attendus, spécifiquement sur ce plan de la représentativité. Au passage, la ministre appelle d’ailleurs les “acteurs non représentés” à “se montrer ouverts au dialogue.”
► Lire aussi | Le Conseil musulman de Belgique demande sa reconnaissance définitive
Le Conseil musulman lui-même a communiqué vendredi, voyant dans la prolongation un “renouvellement de confiance” de la ministre envers l’association. Plus loin, l’organisation précise demeurer ouverte “à l’ensemble des mosquées et associations qui ne participent pas encore à son fonctionnement“. “La représentation du culte islamique constitue une responsabilité partagée et une mission commune“, ajoute le Conseil musulman. La prolongation du mandat n’était “pas une fin en soi”, assure l’organisation. Il s’agit d’une “étape dans un processus plus large visant à consolider une institution largement soutenue, capable d’exercer ses missions de manière stable, professionnelle et durable.”
Au moment de la création de la nouvelle ASBL “Conseil musulman de Belgique” en 2023, pour reprendre temporairement les attributions de l’EMB, ce dernier avait réagi de manière très critique. L’Exécutif a vu dans le Conseil une “création téléguidée par le ministre”, une ingérence inacceptable à ses yeux. La Diyanet de Belgique, réseau de mosquées turques, avait elle aussi fait savoir sa désapprobation, estimant que la nouvelle organisation n’était “ni représentative ni légitime aux yeux des musulmans de notre pays”. Une autre fédération de mosquées turques, Milli Görüs, avait refusé de soutenir le nouveau Conseil.
Belga