Anderlecht : des associations dénoncent de nouveaux permis de construire dans le quartier du Chaudron
L’asbl We Are Nature et plusieurs riverains du quartier Erasmus-Chaudron à Anderlecht accusent le gouvernement bruxellois de ne pas respecter un jugement rendu par le tribunal francophone de première instance de Bruxelles concernant l’imperméabilisation des espaces non bâtis.
Dans un communiqué diffusé ce 8 juin, ils dénoncent la délivrance de deux permis d’urbanisme autorisant la construction de plusieurs immeubles d’appartements dans le quartier. Un premier permis a été accordé le 22 décembre 2025 pour trois immeubles entre la rue du Chaudron et l’avenue des Hortensias. Un second a suivi le 6 mai 2026 pour deux bâtiments supplémentaires à l’angle de la rue du Chaudron et de l’allée des Jacinthes.
Les associations estiment que ces décisions vont à l’encontre du jugement rendu le 29 octobre 2025 dans le cadre d’une action introduite par We Are Nature. Selon leur interprétation, la justice avait demandé à la Région bruxelloise de prendre des mesures afin de suspendre l’imperméabilisation de terrains non bâtis de plus de 0,5 hectare jusqu’à l’adoption d’un nouveau Plan régional d’affectation du sol (PRAS), ou au plus tard jusqu’au 31 décembre 2026.
Les critiques visent également une circulaire adoptée par le gouvernement bruxellois le 8 avril dernier. Celle-ci demandait aux administrations de poursuivre le traitement des demandes de permis d’urbanisme et précisait qu’aucun moratoire général ne serait appliqué.
Des inquiétudes climatiques et environnementales
Les opposants aux projets immobiliers estiment que la poursuite de l’urbanisation dans ce secteur fragilise davantage la résilience climatique de Bruxelles. Ils soulignent notamment le rôle des espaces ouverts dans la lutte contre les îlots de chaleur urbains et dans l’absorption des eaux de pluie.
Parmi les préoccupations avancées figurent également la disparition de terres agricoles, la réduction des continuités écologiques entre les vallées de Neerpede et du Vogelzangbeek, ainsi qu’un risque accru d’inondations dans certaines zones du quartier.
Les riverains dénoncent par ailleurs ce qu’ils considèrent comme un manque de prise en compte des remarques formulées lors des procédures de participation publique.
Un appel au gouvernement bruxellois
Les associations demandent au gouvernement régional de retirer la circulaire du 8 avril et d’aligner sa politique de délivrance des permis sur les objectifs climatiques et environnementaux de la Région.
Pour elles, la poursuite de projets immobiliers sur des espaces non bâtis intervient dans un contexte où les épisodes de chaleur extrême et les conséquences du changement climatique se font de plus en plus sentir à Bruxelles.
À ce stade, les autorités régionales n’ont pas réagi publiquement à ces nouvelles critiques.
Rédaction