Survol de Bruxelles: “Le fédéral va devoir s’expliquer”
Les bourgmestres bruxellois ont rencontré mercredi le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés) à propos de la problématique des nuisances des avions. Un nouveau rapport stipule que seule une réduction du trafic pourrait réduire les nuisances mais une nouvelle étude propose la révision des normes de vent, une ouverture pour le bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre Benoît Cerexhe (Les Engagés). Il était l’invité de BX1 ce vendredi matin.
“C’est le tribunal qui a condamné l’État fédéral, a demandé cette étude à un bureau d’experts internationaux“, explique Benoît Cerexhe. “Et aujourd’hui, dans le cadre du rapport qui a été remis très récemment, le 1ᵉʳ juin, il y a quand même toute une série d’ouvertures sur ces normes de vent qui peuvent être assouplies et qui permettraient de soulager Bruxelles. Et nous espérons vraiment maintenant que le gouvernement fédéral, soit dans le cadre d’un accord politique, soit contraint judiciairement. Parce que nous allons poursuivre cette procédure. Il y a une prochaine échéance le 1ᵉʳ octobre prochain, une autre le 1ᵉʳ décembre. Et le fédéral va devoir s’expliquer sur les raisons pour lesquelles il n’applique pas ces normes de vent qui sont aujourd’hui proposées dans le cadre de cette étude.”
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Mercredi, les dix-neuf bourgmestres sont revenus sur la motion commune de revendications qu’ils ont adoptée en mars dernier sur ces nuisances, une première depuis dix ans. Mais il n’y a pas eu d’avancée, le ministre étant venu pour “écouter”. Les maïeurs ont ainsi plaidé pour l’interdiction des vols de nuit de 23h à 7h du matin, comme dans de nombreux aéroports européens, et à tout le moins pour la production d’une étude objective sur les retombées économiques de l’aéroport, argument souvent brandi par Brussels Airport et les partisans du statu quo. Ils demandent la suppression des vols pour les avions les plus bruyants.
Les 19 maïeurs bruxellois ont formulé une demande centrale: ne permettre qu’à titre exceptionnel les atterrissages via un survol intense de la capitale à quelques centaines de mètres de hauteur par les pistes subsidiaires 01 et 07. En cause selon eux dans l’usage intensif actuel: une application trop stricte des normes de vent, à l’origine d’un basculement rapide vers ces pistes alternatives.
Ils ont rappelé que l’État belge avait déjà été condamné à au moins deux reprises pour cette situation. Parmi les mesures les moins coûteuses figure à leurs yeux le respect des décisions de justice, ce qui permettrait d’éviter le paiement des importantes astreintes auxquelles l’État est actuellement exposé en raison de leur non-exécution. Ces astreintes représentaient quelque 42 millions d’euros en 2025.
“Je confirme que ma méthode repose sur l’analyse et la concertation tout en m’inscrivant dans l’accord de gouvernement”, a réagi le ministre Crucke dans la soirée. “Sur cette base, je travaille à obtenir un accord des partenaires de coalition sur ce dossier. En marge de ce travail, je continue mes rencontres et consultations avec les parties concernées. Ce qui importe ce ne sont pas les effets d’annonce mais l’annonce des effets, raison pour laquelle je communiquerai plus amplement en temps utile”, a-t-il ajouté.