Survol de Bruxelles : la “nouvelle méthode Crucke” laisse les bourgmestres sans réponses
Les bourgmestres bruxellois réunis mercredi matin en Conférence ont rencontré le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés) à propos de la problématique des nuisances des avions liées au trafic de et vers l’aéroport national. Les communes réfléchissent désormais à une action en justice coordonnée avec la Région.
Selon la présidente actuelle de la Conférence, la bourgmestre d’Auderghem Sophie Devos (DéFI), les dix-neuf bourgmestres sont revenus sur la motion commune de revendications qu’ils ont adoptée en mars dernier sur ces nuisances, une première depuis dix ans. Mais il n’y a pas eu d’avancée, le ministre étant venu pour “écouter“. Un sentiment confirmé auprès de BX1 par le bourgmestre de Schaerbeek Martin De Brabant (MR) : “Le ministre nous a parlé de la ‘nouvelle méthode Crucke’, mais sans nous en dire plus.”
Les maïeurs ont ainsi plaidé pour l’interdiction des vols de nuit de 23h à 7h du matin, comme dans de nombreux aéroports européens, et à tout le moins pour la production d’une étude objective sur les retombées économiques de l’aéroport, argument souvent brandi par Brussels Airport et les partisans du statu quo, a expliqué en substance Sophie Devos. Ils demandent la suppression des vols pour les avions les plus bruyants.
De nouveaux plans de vol dénoncés
Les 19 maïeurs bruxellois ont formulé une demande centrale: ne permettre qu’à titre exceptionnel les atterrissages via un survol intense de la capitale à quelques centaines de mètres de hauteur par les pistes subsidiaires 01 et 07. Les bourgmestres dénoncent en effet depuis des mois l’utilisation plus fréquente de ces pistes qui survolent les communes densément peuplées de Molenbeek, Koekelberg, Berchem-Sainte-Agathe, Laeken (Bruxelles-Ville), Schaerbeek et Jette. Normalement, ces pistes ne sont utilisées qu’exceptionnellement, mais les conditions météorologiques de ces derniers mois, avec un vent d’est plus fort, ont augmenté sa fréquentation.
La hausse des nuisances s’expliquent aussi par une nouvelle procédure d’atterrissage pour les arrivées sur la piste 07L, qui a été remise en service l’été dernier. Avec cette nouvelle procédure, les avions s’alignent sur la piste depuis une plus grande distance, survolant ainsi Molenbeek et Koekelberg. Dans l’ancienne procédure, il y avait encore un virage à gauche juste avant l’atterrissage, au-dessus de Jette.
L’Etat belge déjà condamné
La motion de mars réclamait entre autres une interdiction des vols “sauts de puce” pour lesquels il existe généralement une alternative en train; l’aménagement de la piste 25 L(eft) de manière à permettre les décollages par un virage à gauche avant d’atteindre la Région bruxelloise; pour les décollages en piste 25 R(ight), le virage à droite dès 400 pieds vers le Ring; l’installation de sonomètres dans chaque commune survolée sous les routes aériennes; etc. Sophie Devos concède que le ministre actuel de la Mobilité est loin d’être le premier à se casser les dents sur ce dossier.
Selon elle, il n’y a pas de nouveau rendez-vous fixé dans ce dossier, mais le ministre fédéral sera de facto amené à revoir les bourgmestres bruxellois d’ici la fin de l’année, ne serait-ce que par les obligations auxquelles l’État est soumis dans le cadre des décisions de Justice, dit-elle encore.
Des changements à court terme ne semblent donc pas envisagés. Désormais, les bourgmestres placent plutôt leurs espoirs dans les procédures judiciaires déjà intentées. Des contacts sont aussi en cours avec la Région pour une action coordonnée.
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BX1 – Photo : Belga