Lancement à Bruxelles d’un groupe de réflexion pour “mettre à jour la démocratie”
Un collectif d’initiatives citoyennes issues de plusieurs pays européens a lancé lundi à Bruxelles le groupe de réflexion “Democracy27” avec l’ambition de rendre la démocratie plus adaptée à un monde marqué par l’essor des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, et traversé par des crises multiples. À l’origine du projet figure le G1000, la plateforme belge dédiée à l’innovation démocratique.
Le sujet n’est pas sans paradoxe. Selon des données du Pew Research Center relayées par les organisateurs, 77% des citoyens européens soutiennent le système démocratique, mais 64% se disent insatisfaits de son fonctionnement actuel.
“La confiance dans la démocratie s’érode”, a confirmé l’ancienne commissaire européenne Vera Jourova, membre du panel avec 15 autres personnalités. “Est-ce la fin de l’histoire? Nous pensons qu’un nouveau chapitre peut s’ouvrir pour la démocratie européenne.”
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“La démocratie est un processus en constante évolution. Il n’y a rien de honteux à vouloir la faire progresser”, a affirmé la militante française Priscillia Ludosky, figure du mouvement des Gilets jaunes en 2018 en France. Selon elle, la démocratie européenne a besoin d’une “mise à jour”, avec une participation accrue et à une écoute “active” des citoyens.
A la rencontre des citoyens à travers l’Europe
Les membres de l’initiative entendent, dans les mois à venir, aller à la rencontre des citoyens à travers l’Europe et s’appuyer sur les contributions de la société civile et d’experts. L’objectif est de remettre début 2027 un rapport formulant des recommandations concrètes et applicables.
La question de l’intelligence artificielle devrait figurer parmi les thèmes abordés, plusieurs intervenants ayant souligné ses effets sur le débat public et le fonctionnement démocratique.
L’ex-médiatrice européenne Emily O’Reilly a insisté sur la nécessité d’anticiper ses impacts à court terme, tandis que l’ancienne ministre française Najat Vallaud-Belkacem a pointé le rôle des réseaux sociaux dans la fragmentation du débat et la montée de l’hostilité dans la société.
Parmi les membres du groupe figure l’écrivain belge David Van Reybrouck, fondateur du G1000, à l’origine d’une pétition visant à transformer le Sénat en assemblée citoyenne. L’initiative rassemble aussi d’anciennes figures politiques, dont l’ex-Premier ministre irlandais ainsi que des personnalités issues du monde entrepreneurial.
Belga – Photo : Belga