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Vers une fermeture des urgences du site Paul Brien? “Ce serait vraiment un recul important en termes de soins de santé”

La réforme du paysage hospitalier en Belgique prévoit à Bruxelles la fermeture des urgences Paul Brien. Actuellement, 40.000 personnes s’y rendent chaque année. Lors du conseil communal de Schaerbeek ce mercredi,  une motion a été votée pour demander le maintien du service  pour les Schaerbeekois. “C’est l’unique service d’urgences présent dans le nord-est de Bruxelles”, rappelle Cédric Mahieu, échevin de la Santé et des finances de Schaerbeek. “Le pourcentage de Schaerbeekois qui seraient à plus de 30 minutes d’un service d’urgences passerait de 2% à 65% en transports en commun. Ce serait vraiment un recul important en termes de soins de santé.”

Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a insisté la semaine dernière sur la nécessité d’une réorganisation du paysage hospitalier en Belgique. Il ne s’agit pas d’une opération d’économies, a-t-il assuré devant les députés de la Commission de la Santé de la Chambre. Face au vieillissement de la population et au manque persistant de personnel, une réflexion a été entamée en mars 2025 à la demande de la Conférence interministérielle Santé. Un groupe d’experts a remis un rapport, complété par une simulation du KCE.

Un premier résultat a été présenté à la fin de l’année passée. La réforme pourrait conduire dans les dix ans à la disparition d’au moins 39 hôpitaux généraux à travers le pays. A Bruxelles, ils sont cinq, dont Bracops et le site Paul Brien du CHU Brugmann. Ces hôpitaux ne devraient pas fermer nécessairement leurs portes, mais ils pourraient être amenés à réduire considérablement leur offre.

Quatre catégories d’établissements verraient le jour: l’hôpital régional général, le centre hospitalier universitaire, le centre médical local et l’hôpital de soins intermédiaire.

Mercredi, plusieurs députés, surtout francophones, ont exprimé leur inquiétude: Ludivine Dedonder, Eric Thiébaut et Caroline Désir pour le PS, Sofie Merckx pour le PTB mais aussi, dans la majorité, Jean-François Gatelier (Les Engagés). Ils redoutent la disparition de certains établissements et les difficultés d’accès dans les zones rurales. Quelque 100.000 personnes pourraient se retrouver à trente minutes, voire une heure de l’hôpital le plus proche, a averti M. Gatelier

“Il est nécessaire de réorganiser notre paysage, ce n’est pas évident, je comprends certaines préoccupations sur le terrain mais une organisation plus rationnelle est nécessaire”, a assuré le ministre. “Ce n’est pas un exercice d’économies, l’idée n’est pas de licencier du personnel soignant, pas du tout. L’idée n’est pas de fermer des campus mais de faire une conversion et de répondre à la pénurie de personnel”. “Encore aucune mesure concrète n’a été prise”, a-t-il précisé.

La concertation va se poursuivre, notamment avec les entités fédérées. Car ce sont elles qui sont responsables de l’agrément des hôpitaux et de leur répartition optimale sur le territoire. Une synthèse consolidée est en cours d’élaboration. Elle sera examinée le mois prochain par la conférence interministérielle.

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