Le nouveau procès du policier qui a fait barrage à Sabrina et Ouassim à Bruxelles commence
Le nouveau procès du policier condamné à six mois de prison pour avoir barré la route à Sabrina E.B. et Ouassim T. s’ouvre jeudi devant le tribunal correctionnel de Nivelles. Deux audiences sont prévues pour ce procès qui reviendra sur la course-poursuite policière qui a mené à la mort des deux jeunes, le 9 mai 2017 à Bruxelles.
Le 9 mai 2017, vers 21h30, une patrouille de police avait repéré, du côté de Flagey (Ixelles), une moto roulant à une vitesse excessive et omettant son clignotant à un virage. Les deux motocyclistes ne portaient pas de chaussures réglementaires. Deux policiers en voiture ont pris la moto en chasse depuis la place Poelaert en direction de l’avenue Louise.
Un troisième agent s’est ensuite ajouté à la course-poursuite. Au volant d’une camionnette de la brigade canine de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles, il s’est positionné en biais sur la bande de droite à la sortie du tunnel Bailli. Conduisant la moto à vive allure, Ouassim T. n’a pas pu éviter la camionnette, qu’il a percutée de plein fouet.
Le policier qui a barré la route de la moto est le seul des trois agents à avoir été condamné en appel par le tribunal correctionnel de Bruxelles pour homicide involontaire par défaut de prévoyance. Le tribunal a considéré, dans son jugement du 14 novembre 2024, que le policier savait par les informations transmises par radio que Ouassim T. et Sabrina E.B. arrivaient à grande vitesse. Le policier aurait dû envisager le risque que la moto doive éviter le barrage au dernier moment, avec un risque de perte de contrôle total du véhicule.
Le 26 mars 2025, la Cour de cassation a cependant annulé la condamnation du policier pour homicide involontaire. Elle a renvoyé son cas devant le tribunal de Nivelles.
Les deux autres policiers ont été acquittés le 14 novembre 2024 par le tribunal correctionnel de Bruxelles, qui réformait le jugement rendu par le tribunal de police de Bruxelles, le 5 décembre 2023. En première instance, les trois policiers avaient d’abord été condamnés à cinq, huit et dix mois de prison avec sursis partiel.
En août 2025, le comité “Vérité et justice pour Sabrina et Ouassim” a introduit un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme contre l’acquittement des deux policiers impliqués dans la course-poursuite. “Toutes les voies de recours nationales ont été épuisées, sans qu’aucune responsabilité ne leur soit reconnue”, constate le comité dans un communiqué diffusé mardi.
Si le comité se prépare à une décision défavorable du tribunal correctionnel de Nivelles, il rappelle que le cas de Sabrina E.B. et Ouassim T. “met en lumière une réalité préoccupante”. Les courses-poursuites policières bénéficient d’une “absence de cadre clair et de contrôle effectif”.
Il y a des “difficultés à obtenir justice lorsque des vies sont perdues dans ces circonstances”, poursuit le comité. En s’inscrivant dans la lutte globale contre les violences policières, il demande “la protection de toutes et tous face à l’usage disproportionné de la force”.
“Nous refusons que ces morts restent sans réponses. Nous refusons que des pratiques potentiellement mortelles soient banalisées”, conclut le communiqué diffusé avant la double audience fixée devant le tribunal correctionnel de Nivelles, huit ans après le décès de Sabrina E.B. (20 ans) et Ouassim T. (24 ans).
Belga