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Une exposition à Jette suscite la polémique: “C’est évident, c’est un moulin à vent”

À Jette, une exposition de l’atelier 34zéro fait polémique : on y voit notamment Theo Francken dans ce qui semble être une croix gammée. Certains s’insurgent, mais du côté du lieu culturel, on se défend.

Théo Francken en croix gammée, Georges-Louis Bouchez coiffé d’un entonnoir devant un drapeau américain parodié avec une étoile de David,… les caricatures de l’artiste ENCQ, exposées dans un petit jardin de Jette, interpellent.

Les organisateurs réfutent un quelconque lien avec l’imaginaire nazi. “C’est évident, ce qui est là : c’est un moulin à vent. Ce n’est pas une espèce de swastika hitlérien“, assure Wodek Majewski, fondateur de l’Atelier 34zéro. Cette oeuvre, qui date de 2018, viserait à dénoncer avec ironie la politique de l’actuel ministre de la Défense : “La multiplication de ses sorties, ses accointances avec les milieux extrême-droitiers ont poussé l’artiste à représenter Théo Francken d’une manière très avenante, parce qu’il fait coucou quatre fois“, décrit Daniil, historien de l’art.

En ce qui concerne Georges-Louis Bouchez : “L’entonnoir, ça vient d’une iconographie moyenâgeuse. Jérôme Bosch en a popularisé l’usage. Il plaçait l’entonnoir renversé sur la tête de certains de ses personnages pour les intituler comme fous ou malhabiles“, continue Daniil.

► Voir notre reportage | “Elle exprime la réciprocité charnelle qu’il peut y avoir entre deux corps” : à Jette, une oeuvre d’art fait polémique

L’exposition ne vise pas seulement ces deux hommes politiques, mais plus largement d’anciens et actuels hauts dignitaires du MR, de l’Open VLD ou encore de la N-VA. “Je pense que c’est une liberté tout à fait normale qu’un artiste puisse être ainsi stimulé pour créer quelque chose et donner au peuple de quoi réfléchir“, réagit Wodek Majewski.

L’exposition a été financée sur fonds propres par l’ASBL, mais un subside communal annuel de 25.000€ suscite des critiques. Claire Vandevivere, bourgmestre de Jette, défend ce budget et dénonce toute tentative de censure. “En l’absence de trouble à l’ordre public, il n’appartient pas aux autorités de censurer une œuvre. Nos valeurs démocratiques protègent la liberté d’expression, la liberté artistique et le débat.”

L’exposition sera visible jusqu’au 25 octobre au prix de dix euros.

En Belgique, la Constitution autorise la satire politique au nom de l’intérêt général, sauf si celle-ci incite à la haine, à la violence ou à la discrimination envers autrui.

Contactés, Georges-Louis Bouchez et Théo Francken n’ont voulu faire aucun commentaire.

■ Reportage de Romuald La Morté et Nicolas Scheenaerts

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