Malgré des économies vers l’étranger, Bruxelles défend sa “différence” en Turquie
La mission économique belge en Turquie, prévue jusqu’à jeudi à Ankara, est l’occasion pour les trois Régions du pays de faire valoir leurs forces à l’étranger. La Région bruxelloise, pour sa part, met en avant sa “différence”, dans un contexte d’importantes économies autour des bureaux de l’agence régionale de commerce extérieur.
Une cinquantaine d’entreprises bruxelloises présentes, près de 150 réunions organisées, huit événements programmés : la Région bruxelloise n’est pas venue à Istanbul et Ankara pour faire de la figuration. La capitale a mis en avant ses sociétés de services pour conquérir de nouveaux marchés en Turquie, alors qu’un milliard d’euros d’échanges commerciaux en termes de services ont été enregistrés l’an dernier.
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“Il y a par ailleurs en Turquie de nombreuses entreprises dans des secteurs très différents de ce que fait Bruxelles et dont la région peut bénéficier“, soutient le ministre-président bruxellois Boris Dilliès. “Nous cherchons à attirer des investisseurs turcs chez nous, en mettant notamment en avant le fait que Bruxelles est la porte de l’Europe“, abonde Stefano Missir di Lusignano, délégué général pour la Région bruxelloise à Istanbul.
Le ministre-président souhaite en tout cas faire parler “la différence” de Bruxelles, alors que la Flandre et la Wallonie cherchent également à trouver des investissements en Turquie. “La concurrence existe partout, même entre communes“, signale-t-il. “Les trois régions ont des forces différentes et des business différents. Cela renforce justement l’attrait pour la Belgique.” L’industrie pourrait par ailleurs être une nouvelle ambition pour Bruxelles, alors que le site de l’ancienne usine Audi à Forest n’a pas encore trouvé de repreneur. “La visite du fabricant de drones Baykar m’a fait penser au site Audi Forest“, reconnaît Boris Dilliès. “Cela m’a confirmé l’idée qu’il s’agirait d’une opportunité formidable pour une entreprise. Cela peut inévitablement générer une contagion positive pour le commerce local.” Rien de concret n’est toutefois pour l’heure sur la table.
14 des 33 bureaux présents à l’étranger risquent de fermer
Cette mission arrive cependant à un moment particulier pour l’agence bruxelloise pour l’entrepreunariat hub.brussels, dont 14 de ses 33 bureaux présents à l’étranger risquent de fermer en raison d’économies annuelles de 3 à 6 millions d’euros annoncées par le gouvernement bruxellois entre 2026 et 2029, sur un budget total de 46,8 millions d’euros l’an dernier. Stefano Missir di Lusignano, qui gère le marché turc, ainsi que ceux de Géorgie, d’Azerbaïdjan, d’Albanie ou du Kosovo, rappelle pourtant l’importance du bureau à Istanbul, qui pourrait être sur la sellette. “On traite environ 100 dossiers par an, pour aider les entreprises bruxelloises à prospecter sur le marché turc, et pour mener les sociétés turques vers Bruxelles“, détaille-t-il.
Boris Dilliès justifie pour sa part la fermeture des bureaux par une nécessité de “rationalisation”. “L’idée n’est pas de diminuer le rayonnement de Bruxelles à l’étranger, mais de l’optimaliser“, insiste le ministre-président, rappelant qu’une telle diminution du réseau diplomatique est aussi en cours au niveau fédéral. Le responsable bruxellois pointe encore que les choix sur les bureaux conservés ont été opérés sur base d’une analyse de hub.brussels. Des discussions sur les bureaux finalement conservés seraient toutefois encore en cours, confirmant la sensibilité de cette question au sein de l’administration bruxelloise.
Belga