Anderlecht : Fabrice Cumps lance un “cri d’alarme” face à la précarité grandissante
Dans une carte blanche, le bourgmestre d’Anderlecht alerte sur l’augmentation des squats et campements et dénonce un manque de stratégie globale. “Nous irons à l’implosion”, prévient-il.
Le bourgmestre socialiste Fabrice Cumps évoque une “explosion sans précédent de la grande précarité”, visible notamment à travers la multiplication des squats et des campements de fortune. Ces dernières semaines, cette présence accrue suscite “l’inquiétude légitime de riverains excédés par des troubles de voisinage persistants”. Face à cette réalité, le bourgmestre dit avoir dû prendre des décisions difficiles, comme des expulsions de lieux occupés illégalement ou le démantèlement de tentes installées dans l’espace public.
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“Les communes sont démunies”
Fabrice Cumps pointe surtout un problème plus large : selon lui, les communes sont laissées seules face à une crise qui les dépasse.
“Ce renvoi systématique de phénomènes sociaux complexes vers les seuls pouvoirs locaux est insupportable”, écrit-il, rappelant que les autorités communales ne disposent pas de solutions structurelles de relogement.
Il dénonce également une répartition inégale des difficultés : “Ce cynisme politique, qui mise sur la concentration des difficultés dans un nombre restreint de quartiers, semble arranger beaucoup de monde… sauf les riverains de ces ‘territoires sacrifiés’”.
Des décisions “assumées”
Dans ce contexte, le bourgmestre assume plusieurs mesures récentes. Il évoque notamment la réduction “de près de 200 lits” dans les centres d’accueil à Cureghem, ainsi que des arrêtés d’expulsion de squats.
“Ma responsabilité est de protéger la dignité humaine et la sécurité publique, pas d’avaliser l’indigne”, insiste-t-il, évoquant des conditions de vie “infâmes” dans certains lieux occupés. Au-delà du constat, Fabrice Cumps appelle à une réaction politique à différents niveaux de pouvoir. Il plaide notamment pour un “Plan Gares ambitieux” à l’échelle bruxelloise, une lutte renforcée contre le mal-logement et les économies clandestines, ainsi qu’un meilleur dispositif sanitaire pour les usagers de drogues.
“Sans une mobilisation générale qui dépasse les petits jeux politiques, nous irons à l’implosion”, avertit-il. Le bourgmestre conclut en appelant à un “sursaut démocratique” pour éviter l’abandon de certains quartiers, estimant qu’ils “méritent des perspectives et le respect de l’État”.
Rédaction