Le MR molenbeekois accuse le collège de “casser le débat” en transformant des questions orales
À Molenbeek, le MR accuse le collège de transformer volontairement des questions orales en questions écrites pour “éviter le débat”. Le président du conseil communal répond.
Le collège communal molenbeekois marginalise-t-il l’opposition, depuis le retour de la bourgmestre Catherine Moureaux ? C’est ce qu’affirme le vice-chef de groupe MR Didier Van Merris auprès de nos confrères de Bruxelles Today. Il reproche au collège de transformer volontairement certaines questions orales des conseillers communaux libéraux en questions écrites : “Depuis le début du mois, on voit que trois interpellations qu’on avait entrées pour le conseil communal du mois d’avril ont été transformées en questions écrites. Ce n’était pas du tout la procédure qui était établie auparavant“, nous explique-t-il.
Didier Van Merris fait notamment référence à une question sur la propreté dans la rue de l’Intendant. “À Molenbeek, on laisse les déchets s’accumuler… et maintenant, on évite aussi le débat“, fustige le MR de Molenbeek sur sa page Facebook.
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Le conseiller communal y voit un problème de transparence et de démocratie : “Le fait d’avoir une interpellation, ça permet évidemment de pouvoir susciter un débat public sur un problème. Le fait de le transformer en questions écrites, ça casse toute la publicité du débat et tout le débat lui-même“, regrette-t-il. En effet, les questions orales sont traitées en séance publique, alors que les questions écrites sont traitées plus tard, par écrit, sans débat. “Parfois, les réponses sont données tardivement“, précise-t-il également.
Le 10 avril, la cheffe de file du MR, Gloria Garcia Fernandez, déplorait cette même situation sur les réseaux sociaux : “Pour la question sur les créances sportives, une réponse a été envoyée le 10 avril 2026… soit près de six mois après son dépôt en octobre 2025. (…) On attend des mois pour répondre… puis on évite soigneusement toute discussion en séance.”
Lors du dernier conseil communal molenbeekois, qui a eu lieu le 18 mars, Didier Van Merris a posé deux questions orales qui ont obtenu une réponse de la bourgmestre Catherine Moureaux.
Des questions “trop techniques”
Le président du conseil communal, Hassan Rahali (PS), explique que les questions orales sont généralement transformées lorsqu’elles sont “trop techniques” et nécessitent une réponse plus précise : “Le collège peut, en fonction de son jugement, considérer que la question est trop technique pour l’aborder au conseil communal et que cela prendrait beaucoup trop de temps. Même si on l’abordait au conseil communal, on n’aurait ni le temps ni tous les éléments pour pouvoir répondre à la question technique correctement.”
Pas de quoi convaincre Didier Van Merris, qui estime que sa question sur la propreté de la rue de l’Intendant “ne nécessite absolument pas le recours à des experts ou à des réponses chiffrées complexes.”
Hassan Rahali y voit un “ragot politique” et assure “veiller à ce qu’il y ait parole pour tous” : “C’est ma fonction, ma responsabilité qui est mise en cause. Je ne peux pas l’accepter. J’assume et je fais tout pour que la démocratie, la prise de parole, la liberté d’expression soient respectées au sein du conseil et elle le sera toujours.”
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Maxime Dieu – Photo : Youtube – I like Molenbeek