45 occupants d’un immeuble menacés d’expulsion à Woluwe-Saint-Pierre: “Mettre des enfants et des femmes dans la rue, ça me paraît assez inhumain”
Un juge de paix a examiné mercredi matin la demande d’expulsion visant les quelque 45 personnes qui occupent depuis le 25 février un immeuble de bureaux vide du 182 de l’avenue de Tervueren, à Woluwe-Saint-Pierre, a indiqué Julie Rens, du collectif On est là. Le jugement est attendu dans les prochains jours. On en parle avec Benoît Cerexhe (Les Engagés), bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre.
“C’est au propriétaire à accepter éventuellement une convention d’occupation temporaire pour une durée déterminée“, explique le bourgmestre Benoît Cerexhe. “J’ai eu beaucoup de contacts avec lui et pour l’instant, il n’est pas dans cette optique là. J’espère qu’on n’arrivera pas à l’expulsion et qu’une solution, une alternative pourra être trouvée. Mettre des enfants et des femmes dans la rue, ça me paraît assez inhumain“.
Selon le collectif, le bâtiment est occupé par des mamans, une quinzaine d’enfants et quelques hommes. Les occupantes demandent à pouvoir rester jusqu’à la fin de l’été, via une convention d’occupation précaire, le temps qu’une solution de relogement se concrétise. D’après Julie Rens, une piste plus pérenne est envisagée ensuite à Ixelles.
Le propriétaire qui avait, selon elle, dans un premier temps marqué une forme d’ouverture, a finalement introduit une requête unilatérale devant le juge de paix, selon la porte-parole du collectif. Celle-ci a précisé que les occupantes ont tout de même pu faire valoir leurs arguments à l’audience de mercredi. Elles redoutent désormais une expulsion rapide.
► Reportage | Woluwe-Saint-Pierre : 45 personnes occupent un bâtiment vide de l’avenue de Tervuren, le propriétaire veut les expulser
Mardi soir, Julie Rens avait déjà porté ce dossier lors d’une interpellation citoyenne au conseil communal de Woluwe-Saint-Pierre. Une grosse centaine de personnes étaient présentes pour la soutenir. Des élus Ecolo, Défi et PS ont plaidé pour que la commune joue un rôle de médiation avec le propriétaire et les riverains.
Le bourgmestre Benoît Cerexhe (Les Engagés) a affirmé ne pas rester “insensible” à la situation de ces familles, tout en rappelant que le propriétaire a choisi la voie judiciaire. Il a expliqué avoir d’abord demandé un avis de sécurité au Siamu, rendu favorable moyennant certaines conditions.
Le maïeur a aussi rappelé que le propriétaire veut transformer l’ancien bâtiment de la Tirlemontoise, ledit 182, en logements et qu’un permis d’urbanisme est attendu dans les prochaines semaines.
Avec Belga