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Début de dix jours d’actions dans l’enseignement : “Il y a urgence de mobiliser suffisamment de personnes pour pouvoir se faire entendre”

La CSC Enseignement a annoncé avoir déposé un préavis de grève il y a quelques jours dans les écoles. Une grève de dix jours qui devrait commencer aujourd’hui pour se terminer le 27 mai, jour du vote du décret-programme au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

  • Reportage de Marine Hubert et Morgane Van Hoobrouck

Le syndicat chrétien a donc appelé l’ensemble de ses affiliés à se mettre en grève du 18 au 27 mai pour dénoncer les mesures d’économie programmées par le gouvernement. “Face aux attaques répétées et au mépris constant de la ministre Valérie Glatigny (MR), soutenue par la ministre-présidente Elisabeth Degryse (Les Engagés), la CSC-Enseignement appelle l’ensemble de ses affiliés et affiliées à se joindre au mouvement en se mettant en grève dès le lundi 18 mai jusqu’au mercredi 27 mai, jour du vote du décret-programme 2 en séance plénière du Parlement”, selon un communiqué du syndicat diffusé vendredi.

La CSC appelle les parlementaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles à tenir compte de la colère du monde enseignant au moment du vote de la loi-programme. Difficile, pour le moment, de savoir à quel point la mobilisation sera suivie dans les différents secteurs de l’éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Pas de front commun

La mobilisation est compliquée à évaluer car il ne s’agit pas d’une action syndicale en front commun. La CSC a lancé seule ce mot d’ordre de dix jours de grève. Le Setca, de son côté, a aussi communiqué et soutient l’appel de la CSC. Le syndicat socialiste dit qu’il “n’entend pas laisser le gouvernement bleu azur maltraiter la démocratie, l’école publique, les personnels et les jeunes sans réagir”.

Le SETCa-SEL rappelle avoir déposé un préavis de grève à durée indéterminée le 18 septembre 2025. Le syndicat dit que, dans ce cadre, il couvre toute action du personnel de l’enseignement visant à dénoncer “des mesures qui considèrent que la gratuité scolaire, le minerval des étudiants, le temps de travail des personnels, les malades de longue durée, etc. sont des variables d’ajustement budgétaire”.

Un décret-programme qui ne passe pas pour les syndicats et les professeurs

Ces dix jours d’actions sont donc comme un dernier sprint dans la lutte des syndicats contre les réformes du gouvernement MR-Les Engagés. Car le 27 mai devrait être, en principe, la date du vote du décret-programme. Il prévoit de mettre en œuvre toutes les mesures d’économies annoncées l’automne dernier.

Les mesures qui seront votées sont : l’augmentation de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur (de 20 à 22 périodes) sans compensation salariale, la réduction du régime de congés maladie, la réduction des détachements pédagogiques, ainsi que l’augmentation du minerval de 835 à 1 194 euros pour une majorité d’étudiants.

Toutes ces mesures sont dénoncées par les syndicats à travers de nombreuses actions qui ont marqué l’année scolaire. Mais, pour le moment, le gouvernement et la ministre de l’Enseignement n’ont jamais plié sur les différentes réformes, malgré quelques tensions entre les deux partis de la majorité.

“Il y a urgence de mobiliser suffisamment de personnes pour pouvoir se faire entendre”

Des actions sont déjà en cours dans les écoles, notamment à Auderghem. Les élèves ne sont pas obligés de venir dans certaines écoles secondaires. Les professeurs organisent des permanences dans les écoles pour aider les élèves en difficulté, mais aucune nouvelle matière ne sera donnée : les professeurs ne donneront pas cours dans les dix prochains jours. Une grève qui s’organise dans un contexte particulier, à quelques semaines des épreuves du CEB, du CE1D et du CESS.

Une grève qui s’explique par le contexte : “Le ton s’est durci parce qu’après ce qui a déjà été mis en place par les syndicats, les manifestations, les concertations qui ont déjà eu lieu et l’avis du terrain, ces concertations n’ont pas eu lieu. On se dit que, face à ce que j’appelle un phénomène d’invisibilisation et de réduction à néant d’un malaise dans l’enseignement, il faut visualiser plus, plus fort, et donc il faut passer à des actions supérieures. Là, c’est le terrain qui prend les choses en main. C’est nécessaire maintenant parce qu’il y a urgence de mobiliser suffisamment de personnes pour pouvoir se faire entendre et se faire écouter vraiment”, explique Pascal Vanderhoeden, professeur de français, dans ce contexte socialement tendu.

Le professeur ajoute : “Moi, je n’ai pas l’impression de prendre mes élèves en otage puisqu’on continue à les accompagner. Je pense que la question est davantage de savoir si l’école n’est pas prise en otage par des mesures qui vont vraiment lui rendre la vie très, très compliquée et, in fine, certains élèves seront davantage malmenés l’année prochaine par l’enseignement.”

Les inquiétudes portent sur des réformes budgétaires menées sans considération pour les réalités du terrain : “Toutes les mesures qui sont prises dans cette réforme, il n’y a pas un mot de pédagogie, tout est budgétaire. Je ne vois pas comment on peut faire mieux avec moins.” dit Pascal Vanderhoeden.

Des inquiétudes dans les directions

Les réformes inquiètent aussi au niveau des directions des établissements, notamment sur le rythme de leur mise en œuvre : “Il me manque des infos, il me manque des données pour pouvoir faire le travail que je dois faire. Les réformes vont à une vitesse vertigineuse. Cela fait douze ans que je fais ce métier, cela fait 25 ans que je suis dans l’enseignement. On n’a jamais été contre des réformes, on est prêts à progresser, à évoluer”, explique Amandine Tuerelickx, directrice de L’autre côté de l’école à Auderghem : “On n’adhère plus, on n’arrive plus à suivre, ça va trop vite et on n’est pas concertés. Même si on était d’accord avec toutes ces mesures, le rythme qu’on nous demande de suivre ne fonctionne pas.”

Il y a également des inquiétudes au niveau des secrétaires de direction, avec la crainte de ne pas pouvoir profiter de congés cet été car ils devront préparer la rentrée. Des retards sont déjà observés dans l’organisation de la rentrée 2026-2027. La rentrée est très compliquée à organiser car il est impossible de connaître le volume horaire des professeurs du secondaire supérieur, qui feront soit 20, soit 22 périodes en fonction du passage de la réforme.

Rémy Rucquoi

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