Le club Madame Moustache sera fixé sur son sort ce mercredi
Le tribunal de l’entreprise de Bruxelles s’exprimera mercredi sur une nouvelle demande de procédure de réorganisation judiciaire (PRJ) introduite la semaine dernière par la dirigeante du club bruxellois “Madame Moustache”.
Pour la troisième fois, la gérante de l’établissement se tourne vers la justice pour “trouver une solution rapide” afin d’honorer ses engagements vis-à-vis de ses créanciers, explique-t-elle. Son conseil, Me Fryderyk de Peslin Lachert, évoque la recherche d’une solution “pérenne“, “constructive” et “définitive” à la situation de sa cliente, qui subit “une accumulation de problèmes“, à la fois sectoriels et très spécifiques, depuis 2020.
Le club “Madame Moustache” est dans l’obligation d’introduire une nouvelle procédure pour maîtriser sa dette et l’étaler dans le temps, poursuit l’avocat, qui reconnaît qu’il est assez atypique pour un tribunal de se prononcer trois fois sur ce type de demande pour une même entreprise.
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La première PRJ demandée par “Madame Moustache” suivait la période du Covid-19, durant laquelle les discothèques n’ont pu ouvrir que sept semaines en deux ans, rappelle l’avocat. Cette première PRJ a déjà été entièrement payée, précise-t-il.
La deuxième PRJ faisait suite à l’incendie survenu en septembre 2022 dans le faux plafond de l’établissement. La participation à la reconstruction du bâtiment a coûté extrêmement cher à sa cliente et l’a repoussée dans une situation extrêmement précaire, poursuit son conseil.
“Le secteur Horeca subit le martyr depuis 2019. À ces difficultés inhérentes au secteur, toute une série de scénarios catastrophes lui sont tombés dessus. C’est vraiment l’incendie qui a tout plombé“, commente Me Fryderyk de Peslin Lachert.
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En parallèle à la troisième demande de PRJ introduite mercredi dernier devant le tribunal de l’entreprise de Bruxelles, la gestionnaire de “Madame Moustache” a entamé une action en justice contre la compagnie d’assurance de la propriétaire du bâtiment, situé quai au Bois à Brûler. Elle y soutient que la part des travaux mise à sa charge à la suite de l’incendie était bien trop importante. En devant “lourdement s’endetter” pour assurer cette partie des travaux, la gérante du club explique qu’elle a dû faire des choix cornéliens pour assurer une réouverture rapide de l’établissement, dont une restructuration du personnel.
La situation est “totalement insoutenable“, explique la gérante de “Madame Moustache” pour appuyer sa demande de troisième procédure de réorganisation judiciaire.
Elle cite le contexte économique particulièrement difficile pour les établissements horeca, l’augmentation des loyers et des charges ainsi que la difficulté de trouver une assurance pour l’établissement depuis l’incendie. “Le coût annuel a augmenté de plus de 20.000 euros par rapport à la situation précédente“, précise-t-elle.
Belga