Crèche de l’ULB : le parquet maintient ses réquisitions face à la défense des deux prévenus
Le parquet a maintenu ses réquisitions contre les deux prévenus, qui contestent les faits. Le jugement est attendu le 28 avril.
Au dernier jour du procès pour viol et atteintes à l’intégrité sexuelle d’enfants de moins de trois ans, et après avoir entendu la défense des deux prévenus, le procureur du roi a indiqué mardi qu’il restait sur ses réquisitions initiales contre l’ancienne puéricultrice de la crèche de l’Université libre de Bruxelles (ULB) et son ancien partenaire. Il requiert 16 ans de détention contre lui et 10 ans de détention contre elle, assortie de 10 ou 5 ans de mise à disposition du tribunal de l’application des peines.
Alors que les deux prévenus contestent les faits de viol et d’atteinte à l’intégrité sexuelle des enfants de la crèche, le procureur s’est dit “marqué” par les arguments des deux prévenus. Celui des faux aveux, soutenus par la défense de l’ancienne puéricultrice, lui semblent “difficile à tenir“, a-t-il souligné mardi dans ses répliques.
Cette thèse est “d’autant plus périlleuse” que de réels aveux se trouvent dans les éventuels faux aveux, pour le procureur. L’ancienne puéricultrice parle de pédopornographie dans ses déclarations à la police et “on en retrouve dans son téléphone“, a-t-il rappelé mardi, citant également le canal Telegram utilisé par les deux prévenus et l’existence de photos incriminantes au dossier.
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La juge de la 54e chambre, chargée de trancher ce dossier de mœurs particulièrement sensible, devra “faire un travail d’orfèvre” si elle retient la thèse des faux aveux défendue par l’ancienne puéricultrice la semaine dernière à l’audience.
Le procureur a également déclaré “bouillonner” à l’écoute du terme de “fantasme” employé par la défense de l’ancien compagnon de la puéricultrice, qui est en aveu de la détention de matériel pédopornographique. “Ce n’est pas un fantasme, c’est une perversion. C’est de la pédophilie“, a-t-il clarifié.
À la fin de répliques, l’affaire a été prise en délibéré. Le prononcé est attendu pour le 28 avril.
L’ex-compagnon d’une puéricultrice de l’ULB conteste les faits de viol et d’atteintes sexuelles sur mineurs
“Il est resté constant. Il n’a rien fait, il n’a pas touché les enfants de la crèche. Il le dit depuis sa première audition“, a soutenu l’avocat de A.E., l’ancien compagnon de la puéricultrice de la crèche de l’Université libre de Bruxelles (ULB), devant le tribunal correctionnel de Bruxelles mardi matin.
Les actes pédophiles étaient “de l’ordre du fantasme“, a plaidé la défense du prévenu, poursuivi pour le viol d’un enfant de moins de trois ans, l’atteinte à l’intégrité sexuelle de trois enfants de moins de trois ans et la production, diffusion, détention et acquisition d’images de violences sexuelles sur mineurs.
L’ancien compagnon de la puéricultrice de la crèche est en aveu pour les images de violences sexuelles sur mineurs trouvées grâce à l’enquête, mais conteste le reste des charges retenues contre lui.
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S’appuyant sur les déclarations à la police des employées de la crèche, l’avocat qui défend A.E. a plaidé que “la plupart des puéricultrices ne l’ont pas vu entrer dans la crèche“. Les deux puéricultrices qui l’ont vu entrer entre 2020 et 2022 situent sa présence dans un contexte de livraison de fast-food à l’équipe des puéricultrices, a ajouté la défense du prévenu.
L’essentiel de la défense de A.E. était concentré sur le profil de l’ancienne puéricultrice de la crèche, qui a “les pleurs faciles” et qui “adapte son discours à la personne en face d’elle“. Souhaitant “rectifier le tir“, l’avocat du prévenu a vivement critiqué la rétraction d’aveux de l’ancienne puéricultrice.
Belga – Photo : Belga Image