Plus de 300 étudiants rassemblés à l’ULB contre la hausse du prix du minerval
C’est avec un péage fictif de 1.200 euros à l’entrée du campus de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) que les étudiants de l’ULB ont illustré mercredi la hausse du minerval envisagée par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) dans l’enseignement supérieur. Environ 350 d’entre eux se sont ensuite rassemblés mercredi midi pour protester contre la hausse et le dégel du minerval à 835 euros, en place depuis 2011.
Lors de l’élaboration de son budget 2026, la majorité MR-Engagés a en effet décidé de mettre fin au gel du minerval pour le porter à 1.194 euros indexables. À l’initiative du Bureau des étudiants administrateurs de l’ULB (BEA), des étudiants militants étaient rassemblés depuis 08h00 mercredi matin sur le campus pour installer un péage fictif, que les étudiants pouvaient franchir en s’acquittant d’un faux billet de 1.200 euros. Le but était d’illustrer “la barrière financière qui se dressera à l’entrée de l’enseignement supérieur dès la rentrée prochaine si la réforme est votée.”
■Reportage de Eleonore Talotta, Jamila Saidi M’rabet et Charles Carpreau
Vers 12h30, une manifestation a ensuite démarré sur l’Avenue Paul Héger, avec des prises de parole et des slogans scandés tels que “1.200 euros, c’est non!“, ou encore “Étudier est un droit qu’on ne négociera pas“. Après ces prises de paroles, les étudiants se sont dirigés en cortège vers le campus ULB de la plaine, en passant par le cimetière d’Ixelles. Arrivés sur place, ils se sont répartis en différents groupes de parole pour échanger sur les moyens d’action face à la réforme.
“Pour une majorité des étudiants, le minerval sera plus cher demain pour la même qualité de service“, a déclaré Adam Assaoui, président de la Fédération des étudiants francophones (FEF). “Pas un centime de cette augmentation ira dans les établissements. Tout ira dans la poche de la FWB“, a-t-il dénoncé. Selon les plans présentés en 2025 par la ministre-présidente Degryse, quatre tarifs distincts seront appliqués à l’avenir dans l’enseignement supérieur: la gratuité totale des droits d’inscription pour les étudiants boursiers (22% de la population étudiante), un minerval réduit à 374 euros pour les étudiants dits de “condition modeste” (ceux-ci comptent pour 1% aujourd’hui mais le gouvernement souhaite porter ce chiffre à 10%), un minerval maintenu à 835 euros pour 10% des étudiants, et enfin le nouveau minerval majoré à 1.194 euros pour tous les autres.
Malgré ces aménagements, les étudiants ne sont pas satisfaits. “À notre sens, les plafonds qui ont été choisis sont trop bas“, a réagi Adam Assaoui. “Toutes les familles qui ont deux parents qui travaillent et un enfant dans l’enseignement supérieur devront payer 1.200 euros alors qu’elles sont déjà souvent sur le fil du rasoir.” Les étudiants ont rappelé l’importance de la mobilisation. La FEF affirme avoir déjà récolté plus de 45.000 signatures sur les campus francophones contre la réforme portée par la ministre Degryse.
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“La réforme doit dégager“, a clamé Martin Van Den Branden, co-responsable de campagne au BEA. “C’est ce que 95% des étudiants nous répondent lorsqu’on vient leur demander leur avis sur le campus“. Ce dernier a comparé la ministre Degryse à une ministre “de l’exclusion“, insistant sur le fait qu’elle devait plus écouter les étudiants et se rendre compte de la réalité de la vie d’un étudiant et des coûts que cela comportait.
Ce rassemblement mercredi fait suite au rassemblement de Louvain-la-Neuve de mardi et précède des rassemblements prévus à Liège, Namur et Mons. La manifestation était aussi un appel à la mobilisation pour d’autres rendez-vous comme la manifestation contre les mesures du gouvernement fédéral le 12 mars à Bruxelles et la manifestation spécifique organisée par la FEF, le 24 mars, également à Bruxelles, contre la hausse du minerval.
Belga