Doit-on s’attendre à une flambée du prix de l’essence dans les prochains jours ?
Le conflit au Moyen-Orient, déclenché samedi matin par une opération conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, pourrait rapidement se faire sentir jusque dans nos stations-service. Dès ce jeudi, le prix du diesel à la pompe augmentera de 14,4 centimes le litre.
Téhéran figure parmi les dix plus grands producteurs de pétrole au monde, avec une production estimée à environ 3 millions de barils par jour. Si les assauts israélo-américains ont fragilisé les infrastructures iraniennes, les marchés pétroliers, eux, n’ont pas tardé à s’emballer : le baril de Brent a pris l’ascenseur lundi, passant de 73 à 80 dollars en quelques heures. Une flambée qui risque de se traduire dans le portefeuille des automobilistes belges. “Le prix du baril varie en fonction de la situation géopolitique. Concrètement, si la guerre se poursuit, la Belgique ne sera pas épargnée. Plus la guerre durera, plus il y aura de chances que le prix de l’essence augmente”, constate Emmanuel Cecille, conseiller au sein de BRAFCO, la Fédération belge des Négociants en Combustibles et Carburants.
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Jusqu’au début des hostilités, “les spéculateurs et certains grands acteurs du pétrole, comme l’OPEP, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, anticipaient un risque d’escalade entre les États-Unis et l’Iran. Les prix avaient déjà commencé à monter, mais la hausse s’est vraiment accélérée à partir de lundi si on compare avec la semaine passée”, souligne l’expert. Avant d’ajouter qu’un autre frein pourrait compliquer la situation : la fermeture du détroit d’Ormuz, annoncée samedi, par les Gardiens de la Révolution. “Ce passage maritime stratégique représente environ 20 % du pétrole mondial qui transite chaque jour. Et même si une grande partie part vers la Chine, l’impact reste mondial parce que les navires doivent rallonger leurs trajets et donc le transport coûtera forcément plus cher”. Depuis mercredi, les gardiens de la révolution ont pris le “contrôle total” du détroit d’Ormuz. Donald Trump, le président des Etats-Unis, a déclaré que la marine américaine pourrait escorter des pétroliers “si nécessaire” à travers le détroit.
Un autre facteur : la loi de l’offre et de la demande.
Au-delà de la crise internationale, c’est aussi la loi de l’offre et de la demande qui pourrait, à son tour, appuyer sur la pédale d’accélération des prix: “Avec l’insécurité au Moyen-Orient, l’offre risque de se tendre et, à l’inverse, la demande peut grimper si les gens paniquent et veulent faire le plein rapidement par crainte que l’essence ne devienne encore plus chère. Cela influera aussi sur le prix du pétrole”. Emmanuel Cecille se veut toutefois rassurant : “Il ne faut pas s’inquiéter en cas de prolongation du conflit. La Belgique dispose de stocks stratégiques de carburant, constitués en réserve pour l’équivalent d’environ 90 jours’, conclut-il.
A partir de jeudi, le prix du diesel coûtera 1,923 euros le litre (prix maximum), soit une une hausse de 14,4 centimes. Sur un plein de 60 litres, cela représente un supplément de 8,64 euros. Le prix du diesel à la pompe n’avait plus été aussi élevé depuis novembre 2023, dans la foulée de l’attaque du Hamas sur Israël.