Procès pour viol à la crèche de l’ULB : le procureur requiert 16 et 10 ans de détention
L’ancienne puéricultrice de la crèche de l’ULB, C.V., a agi de façon “libre”, “autonome” et “consciente”, a affirmé mardi le parquet devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. La prévenue avait assuré plus tôt dans la journée qu’elle était sous l’emprise de son ancien partenaire, également prévenu dans cette affaire, au moment des faits.
C.V. et son ancien compagnon doivent répondre de viol, d’atteinte à l’intégrité sexuelle et de production de photos de violences sexuelles sur au moins trois enfants de moins de trois ans, commis au sein de la crèche de l’Université libre de Bruxelles (ULB) entre 2020 et 2022.
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Le procureur a poursuivi son réquisitoire en expliquant avoir analysé deux ans d’échanges de messages entre les deux prévenus. “Aucun message ne s’apparente à des menaces”, a-t-il expliqué, ajoutant qu’il n’avait pas trouvé de traces de mécanismes de dévalorisation de la prévenue par son ancien partenaire, ou quelque signe que ce soi d’une affectation de l’estime de soi et d’un phénomène d’emprise.
Mardi matin, dans ses premières déclarations devant les trois juges de la 54e chambre du tribunal correctionnel, spécialisée en faits de mœurs, C. V., a déclaré qu’elle a avait fourni des aveux à la police après avoir été mise sous pression par les policières. Elle a aussi déclaré qu’elle était coincée dans un schéma d’emprise par son ancien partenaire, 16 ans plus âgés qu’elle. Les deux prévenus ont été en couple pendant plusieurs années et à plusieurs périodes, notamment lorsque la prévenue avait 16 ans et qu’il en avait 32, a rappelé le procureur mardi dans son réquisitoire.
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“Il n’y a pas d’emprise”, a-t-il insisté, demandant au tribunal de ne pas suivre l’image présentée par la prévenue “qui se présente comme une ingénue sous emprise”.
Le procureur requiert 16 et 10 ans de détention
Le procureur de roi a requis mardi une peine de 16 ans de détention, assortie de 10 ans de mise à disposition du tribunal d’application des peines, pour l’homme poursuivi pour des faits de viol commis sur un enfant, des atteintes à l’intégrité sexuelle commises sur trois enfants, de la production, diffusion et détention de matériel à caractère pédopornographique.
Le procureur a également demandé au tribunal de prononcer à l’encontre de cet homme, ancien partenaire d’une puéricultrice de la crèche de l’Université libre de Bruxelles (ULB), une interdiction professionnelle de 20 ans avec des mineurs, soit la durée maximale prévue par le code pénal.
À l’égard de l’ancienne puéricultrice, le procureur a requis mardi une peine de 10 ans de détention assortie de 5 ans de mise à disposition du tribunal d’application des peines. Le procureur a également demandé une interdiction professionnelle avec des mineurs pour une durée de 20 ans, une interdiction de contact avec l’ensemble des parties civiles (trois familles de victimes, la crèche de l’ULB, la direction de la crèche de l’ULB) et une interdiction d’approcher la crèche à moins de 300 mètres.
Pour le procureur du roi, le tribunal doit reconnaître l’ensemble des préventions retenues par son office contre les deux prévenus, et pour l’ensemble de la période infractionnelle, soit différents tronçons compris entre 2020 et 2022.
“Les actes sont révulsants (sic). Les dégâts sont immenses au niveau de la conscience collective”, a déclaré le procureur mardi.
Le fait qu’une puéricultrice aurait aidé son ancien compagnon à entrer dans une crèche pour commettre des actes pédophiles ou à caractère pédopornographique, “met en péril la confiance que nous avons tous lorsque nous mettons nos enfants à la crèche”, a souligné le procureur dans son réquisitoire.
Belga