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“Les dossiers de stupéfiants ont doublé depuis 2020” : où en est la lutte contre le narcotrafic à Bruxelles ?

L’année 2025 a été marquée par plusieurs faits de violences liés au trafic de drogues dans la capitale. Dans ce contexte, le tribunal de première instance francophone de Bruxelles a décidé de réunir la presse ce mardi pour dresser un état des lieux des dossiers traités par la justice.

  • Reportage de Simon Breem et Yannick Vangansbeek

En 2020, le tribunal de première instance avait ouvert 598 dossiers labellisés “stupéfiants”, pour 557 jugements prononcés. En 2025, 1.015 dossiers de cette nature (détention de stupéfiants, vente, trafic, importation, exportation, culture) ont été ouverts, pour 1.013 jugements prononcés. Et ces chiffres devraient encore doubler entre 2025 et 2026 étant donné le nombre de dossiers mis à l’instruction en 2025.

Parmi les raisons expliquant cette forte hausse, “le port d’Anvers et l’aéroport Zaventem sont devenues de très importantes portes d’entrée de la cocaïne“, pointe Paul Dhaeyer, le président du tribunal de première instance francophone de Bruxelles.

Si le tribunal a augmenté sa capacité d’absorption de ces dossiers, particulièrement en comparution immédiate, “une bonne partie de ces dossiers concerne les points de deal à Bruxelles, à tel point qu’il y a aujourd’hui un engorgement des comparutions immédiates, même si l’on a triplé le nombre d’audiences depuis juin 2025“, précise Paul Dhaeyer. Or, pour le président, il est “très important que le délai raisonnable soit respecté“.

En matière de dossiers d’homicides ou de tentative d’homicides, le tribunal constate également que davantage de dossiers ont été introduits ces deux dernières années (181 et 177 dossiers en 2024 et 2025 contre 126 et 139 en 2022 et 2023). Dans son dernier rapport, l’Observatoire de safe.brussels, le service régional chargé de la sécurité et de la prévention, constatait lui aussi une hausse importante des homicides sur la dernière décennie dans la capitale. Pour le tribunal de première instance, ceci s’explique par la recrudescence des affaires de règlements de compte dans le cadre du trafic de stupéfiants.

Des faits de plus en plus graves par des personnes de plus en plus jeunes

Pour illustrer leur suivi, les autorités judiciaires ont tenu à revenir sur quatre jugements qui ont émaillé l’année 2025. Un constat : les dossiers portés devant le tribunal de première instance concernent des faits de plus en plus graves commis par des personnes de plus en plus jeunes. “Au niveau des profils des personnes condamnées en 2025, on remarque souvent des personnes très jeunes”, détaille Denis Goeman,  magistrat au sein du tribunal de première instance de Bruxelles. “On peut imaginer que ces personnes sont instrumentalisées par des groupes mafieux plus larges. C’est pourquoi il faut que le phénomène soit le plus globalement traité, de la prévention à la répression.

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Le personnel judiciaire est toujours insuffisant

Si le pôle grand-banditisme traitant ce genre d’affaires a été renforcé (quatre juges travaillent de manière hebdomadaire sur ces dossiers et un cinquième devrait venir gonfler les rangs en septembre prochain), “les moyens pour l’ensemble des tribunaux de première instance du pays restent insuffisants, nous allons avoir un problème d’arbitrage“, insiste Paul Dhayer. “Même si nous avions des juges supplémentaires, nous sommes en manque de greffiers, et j’aurais donc du mal à ouvrir des chambres supplémentaires.”

V.d.T. avec S.B. – Photo : BX1

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