Pacte d’excellence: les syndicats inquiets rencontrent la ministre Schyns pour redéfinir la charge de travail

Environ 200 militants CGSP, CSC et SLPF Enseignement sont venus soutenir lundi leurs représentants syndicaux au cabinet de la ministre de l’Éducation Marie-Martine Schyns. Ils craignent que la charge de travail attendue des enseignants soit alourdie, tel que prévu selon eux dans l’avant-projet de loi lié au Pacte d’excellence.

Sous les applaudissements des militants, huit délégués du front commun syndical ont porté les résultats de leurs consultations devant la ministre. “L’action d’aujourd’hui constitue un coup de semonce à la ministre”, explique la présidente du SLPF Enseignement Masanka Tshimanga.

“Prenez en compte les remarques des enseignants ou nous mènerons des actions plus fortes.” À la sortie, les délégués se sont montrés satisfaits mais prudents. Marie-Martine Schyns (cdH) a accepté de revoir sa copie et déposera une nouvelle proposition dans le courant du mois de juin, qui devrait mener à une seconde lecture au gouvernement en septembre. “Le texte ne sera pas adopté pour la rentrée prochaine, c’est déjà rassurant”, commente Mme Tshimanga.

L’avant-projet de décret en phase d’élaboration fractionne la charge de travail des enseignants en cinq composantes: le travail en classe, les services à l’école et aux élèves, le travail collaboratif, le travail autonome (préparations, corrections, etc.) et la formation continuée.

Les syndicats reprochent notamment au texte de ne pas suffisamment baliser le travail collaboratif, qui regroupe les projets propres à chaque établissement, et les services à l’école (activités parascolaires, accompagnement lors des voyages scolaires, etc.) “Le texte en l’état donne un blanc-seing aux pouvoirs organisateurs et aux directions pour rendre obligatoire toute une série de tâches assumées jusqu’ici volontairement”, s’inquiète un permanent régional de la CGSP Enseignement Liège.

“Il faut revenir à une gestion d’équipe saine, où prime l’enthousiasme. Les établissements scolaires ne sont pas des entreprises régies par une vision managériale.” “Toutes les heures de réunion, de coordination pédagogique, d’accueil des étudiants qu’on nous ajoute diminuent le temps dédié à la réflexion et à la préparation des cours”, poursuivent des enseignants en promotion sociale. “Augmenter le mal-être des professeurs, c’est augmenter celui des élèves et donc de la société.”

Les enseignants dénoncent en outre le timing de la ministre. En plein mois de juin, ils se sentent pris en étau entre leur volonté de se mobiliser et celle de ne pas entraver le bon déroulement des examens.

Belga

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04 juin 2018 - 15h40
Modifié le 04 juin 2018 - 15h40