
L’humeur de Vanessa Lhuillier – Le prix de la canicule et de l’inaction
Je suppose que tout le monde a passé une bonne nuit, vu que les températures sont redescendues. Il ne faisait que 18°C à 6h du matin. Théo Francken va donc certainement refaire un tweet pour nous dire que voilà, enfin, on va pouvoir arrêter de se plaindre et qu’il fallait juste serrer les dents pendant quelques jours. Effectivement, pour cette première canicule de la saison, cela n’aura duré que quelques jours, mais les conséquences, elles, vont perdurer. D’abord, le bilan humain de la canicule. Les urgences et les services de pompes funèbres se sont retrouvés proches de la saturation. En France, on parle de 1.000 décès supplémentaires. Chez nous, c’est Sciensano qui doit faire le bilan. Il devrait arriver d’ici peu, mais il suffit de tendre l’oreille auprès des médecins ou des pompiers pour comprendre que la situation a été critique. Les services d’urgence ont enchaîné les interventions pour la canicule et ensuite pour les orages. Ils ont été appelés plus de 200 fois dans la nuit de samedi à dimanche et ont dû mettre en suspens les interventions non urgentes.
La canicule fait aussi des dégâts au niveau économique. Couleur Café a dû fermer à 20h, engendrant la frustration des festivaliers et des artistes, mais surtout celle des commerçants ambulants qui estiment perdre plusieurs milliers d’euros en une soirée. À Watermael-Boitsfort, place Wiener, l’écran géant qui permet la retransmission des matchs des Diables a été détruit. Les arbres tombés, les tuiles envolées vont également coûter des milliers d’euros aux compagnies d’assurance qui finiront par répercuter les frais sur les clients via des primes toujours plus onéreuses. Certains commerçants estiment aussi qu’un jour à 32°C équivaut à une perte économique comparable à une demi-journée de grève. Je vais encore ajouter au tableau, de routes à refaire, des rails qui se soulèvent, des caténaires endommagés et qui donc vont coûter aussi de l’argent à la collectivité. Alors, si les plaintes des citoyens qui n’ont pas la climatisation ni au travail ni chez eux et qui n’ont pas de piscine personnelle n’atteignent pas les dirigeants du pays, peut-être que les pertes économiques, elles, les feront bouger et leur feront prendre conscience de l’urgence de l’action.