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“Pour le Parlement européen, nous voulons une architecture digne de ce nom”

Alain Hutchinson, commissaire bruxellois auprès de l’Europe et des institutions internationales poursuivra finalement sa mission pour cette législature. A moins que le candidat idéal ne soit trouvé avant les prochaines élections. Il prendra de toute façon le temps de le former. Mais en attendant, les projets concernant l’Union européenne et la Région bruxelloise ne manquent pas. 

Le commissariat bruxellois à l’Europe a été créé voici 5 ans afin de faciliter les relations entre le gouvernement bruxellois et les institutions européennes. A l’époque, la commission cherche à se relocaliser puisqu’une partie de ses bureaux devient obsolète et des baux doivent prendre fin. Il faut alors penser à l’avenir, ce qui peut vouloir dire construire de nouveaux espaces comme le fameux Ilot 130 de la rue de la Loi qui fait débat actuellement. Il est compris dans le périmètre du plan d’aménagement directeur (PAD) Loi.

“Il ne s’agit pas d’un ajout de mètres carrés mais plutôt d’une restructuration de leur patrimoine, explique Alain Hutchinson. Seulement, contrairement au passé, la Commission ne peut pas considérer qu’elle est seule au monde. Elle doit s’inscrire dans les projets de la Région bruxelloise qui sont de remettre des habitants dans le quartier européen. Le PAD Loi est la traduction de cette décision avec la création de logements, d’équipements collectifs, d’écoles, de lieux culturels. Faire comprendre cela aux institutions européennes, cela fait partie de ma mission.”

Une à deux fois par an, Alain Hutchinson fait une réunion entre les institutions et le gouvernement bruxellois avec un ordre du jour précis. Cela peut aller de la transformation d’une ligne de bus, d’un aménagement d’horaire, d’une discussion sur la propreté ou bien de la rénovation complète du Paul-Henri Spaak, dit le Caprice des Dieux.

La rénovation complète du Parlement européen pour 2023

La rénovation du parlement européen sera sans aucun doute le grand défi des années à venir. Un projet duquel la Région bruxelloise ne peut être exclue.“Nous avons déjà eu plusieurs réunions et j’ai expliqué les désirs de la Région. Il faut tout d’abord porter une attention particulière au parc Léopold qui est classé. Ensuite, nous ne tolérerons pas d’extension territoriale. Enfin, le chantier doit être exemplaire pour le quartier. Hors de question d’avoir une ouverture totale du quartier.”

Pour travailler ensemble, un concours d’architecture va être lancé avec le Parlement européen et le Maître architecte de la Région bruxelloise. Le cahier des charges sera établi en collaboration afin d’avoir de grands noms. “Nous voulons, nous Région bruxelloise, une architecture digne de ce nom. On ne veut plus des boîtes à chaussures”, précise Alain Hutchinson. Pour le moment, le Parlement n’a pas pris de décision concernant la méthode. Le parlement sera-t-il détruit puis reconstruit? Une rénovation profonde sera-t-elle suffisante? “Il faudra voir ce que les architectes vont proposer. L’important est d’avoir un projet de qualité.” Le Parlement espère tout de même débuter le chantier pour l’horizon 2023.

Un autre dossier est toujours sur la table. Il concerne le réaménagement du rond-point Schuman. Si un nouvel architecte et un projet ont été désignés, l’enquête publique n’a toujours pas eu lieu. Une demande de permis d’urbanisme a été déposée mais la direction de l’urbanisme juge le dossier incomplet.

Pour rappel, le projet prévoit une nouvelle esplanade avec une suppression partielle de la circulation automobile afin d’en faire une agora. “Cela sera quand même mieux que ces blocs de béton que nous bougeons à chaque manifestation. Après, il y a des détracteurs et c’est logique. On aura un report de circulation mais minime. Certains devrait peut-être faire la différence entre l’opposition régionale et l’intérêt de leurs concitoyens au sein de leur commune.” En effet, le bourgmestre d’Etterbeek, Vincent De Wolf (MR) s’est fermement opposé à la suppression de la circulation sur le rond-point Schuman craignant que les automobilistes ne passent dans les petites rues communales.

Une aide à la population

Si les dossiers urbanistiques sont les plus problématiques, le commissariat bruxellois à l’Europe a également une mission auprès des expatriés grâce à son Welcome Desk. Chaque année, il donne des conférences pour expliquer aux nouveaux venus les démarches à suivre lorsqu’ils s’installent à Bruxelles. Cela se fait notamment en collaboration avec visit.brussels qui lui donne les bons plans touristiques et culturels.

Actuellement et dans les semaines qui viennent, le bureau doit aussi aider les Britanniques qui souhaitent faire une demande de naturalisation. “Nous avons quelques soucis car les fonctionnaires européens ont une carte d’identité spéciale et les communes ne la reconnaissent pas. Ils ne peuvent donc pas prouver qu’ils sont sur le territoire belge depuis assez longtemps pour demander la nationalité. Nous avons dû batailler pour que les communes laissent passer les dossiers et que la justice puisse faire son travail et attribuer la nationalité. Cela a fait jurisprudence et les demandes sont en train d’être traitées. Cependant, nous demandons que les communes ouvrent des bureaux d’enregistrement dans les institutions pour que les ressortissants s’inscrivent plus facilement. Ainsi, ils auront un titre de séjour avec une puce qui est reconnu par tous les organismes.”

Enfin, Alain Hutchinson continue de plaider pour une ouverture du droit de vote aux élections régionales pour les ressortissants européens mais aussi les autres. “Cela changera la considération de nos politiques mais aussi des Européens. Il faut avoir une ouverture plus grande. Les Bruxellois peuvent venir place de Luxembourg. C’est un chouette quartier. Bruxelles, c’est les institutions internationales. Elles représentent 16% des emplois bruxellois. On ne peut pas faire ça.”

Vanessa Lhuillier – Photo: Bega/Siska Gremmelprez

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20 novembre 2019 - 14h48
Modifié le 22 janvier 2020 - 16h12