Près de 250 personnes se mobilisent pour dénoncer la précarité étudiante

Syndicats, politiques et associations se sont réunis ce vendredi après-midi à Bruxelles à l’appel de la Fédération des étudiants francophones (Fef) pour dénoncer la précarité étudiante. À l’occasion de la Journée internationale des étudiants, les participants souhaitent mettre en lumière la précarité de ces jeunes, de plus en plus souvent confrontés à des difficultés pour financer leurs études supérieures, ne leur laissant d’autre choix que de trouver un travail ou de solliciter une aide au CPAS.

À l’appel de la Fef, le RWLP, les Jeunes CSC, Comac (mouvement de jeune du PTB), la Ligue des droits de l’Homme, Ecolo J, le Mouvement des Jeunes Socialistes et la Ligue des familles sont partis à 14h00 de la gare de Bruxelles-Central. Près de 250 personnes sont présentes. Elles réclament une diminution du coût des études, une revalorisation des montants des aides sociales et un élargissement des critères d’accès aux aides sociales.

Elles revendiquent également un refinancement de l’enseignement supérieur à hauteur de ses besoins. Seul 1,3% du PIB belge est investi dans l’enseignement supérieur alors que l’Union européenne recommande qu’au moins 2% soit consacré à cet enseignement, épingle encore la Fef.

Le cortège se rendra sur la place de la Chapelle où un village associatif, des concerts et des actions symboliques seront au programme. Ils feront également une action symbolique devant le cabinet du ministre Jean-Claude Marcourt.

“L’émancipation (des jeunes) passe souvent par la case précarité et ce n’est pas normal”, dénonce Maxime Mori, président de la Fef. “Les étudiants sont de plus en plus précaires, à cause du coût de la vie étudiante qui augmente.” Ce sont surtout les coûts connexes qui sont pointés du doigt: le logement, les moyens de transport… Étudier coûte entre 8.000 et 10.000 euros par an, estiment les associations organisatrices de la mobilisation.

Plus de 27.000 étudiants ont dû recourir en 2016 au revenu d’intégration sociale, fourni par le CPAS, pour financer leurs études, un chiffre qui a été multiplié par sept en 15 ans, soulignent les initiateurs du rassemblement. À Bruxelles, un étudiant sur 15 dépend du CPAS, précise la Fef dans un mémorandum qu’elle remettra aux pouvoirs politiques vendredi.

“Parallèlement, (…) le job étudiant ayant pour but de financer les études a explosé.” Ce constat est “alarmant, symptôme d’une jeunesse qui se précarise et d’un enseignement supérieur qui comporte de nombreuses barrières financières”, martèle encore la Fef dans son mémorandum.

“Le travail étudiant n’est pas un problème en soi”, explique Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP), mais certains jeunes “sacrifient leur temps d’étude pour travailler. Pour régler leurs problèmes financiers, ils mettent en péril leur réussite, ce qui peut mener à des situations d’échec. Ils doivent alors étudier une année supplémentaire ou se découragent et abandonnent”.

“Le montant des allocations reste trop bas”

Des allocations d’études existent pourtant mais leur montant reste trop bas, dénoncent les organisations. Leur montant “doit être revalorisé, pour mieux coller à la réalité”, plaide Mme Mahy, qui se demande si un statut “d’étudiant aidé” ne serait pas nécessaire.

La précarité étudiante a également “un impact sur l’appauvrissement des familles”, souligne pour sa part Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles. “Les parents sont appauvris, angoissés parce qu’ils se demandent comment ils vont faire face. (…) Ils ne savent plus se projeter dans l’avenir, (…) se disent qu’ils ne pourront pas permettre à leur enfant de faire des études. C’est un échec de la démocratie”.

La Ligue des familles note également un “phénomène d’autocensure interpellant: des jeunes issus de familles modestes vont s’interdire d’imaginer qu’ils pourront faire des études supérieures parce qu’ils savent qu’ils ne pourront pas les payer”, déplore Mme Chabbert.

“Accéder, rester et réussir des études supérieures reste fort conditionné aux moyens financiers et aux contraintes d’accès à ces moyens”, dénonce Mme Mahy.

Belga, photo: Aline Jacobs

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17 novembre 2017 - 13h00

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