Procès de l’attentat du Musée juif : remous, contestations et débats animés en cette journée d’auditions

Après une longue journée de près de dix heures passée à interroger les enquêteurs et juges d’instruction, le procès de Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, accusés d’être les auteur et co-auteur de la fusillade du Musée juif de Belgique, a repris ce mercredi. Et la journée a été encore une fois très longue suite notamment à un incident entre la défense de Nacer Bendrer et la cour, ainsi que les commentaires de la défense de Mehdi Nemmouche sur les dernières auditions.

Face aux nombreuses questions des parties civiles et de la défense de Mehdi Nemmouche, les enquêteurs et juges d’instruction chargé du dossier de l’attentat du Musée juif du 24 mai 2014 n’avaient pas  terminé ce mardi de répondre à toutes les interrogations. L’audience avait donc repris ce mercredi matin avec les juges d’instruction et quelques enquêteurs requis par la défense de Nacer Bendrer afin que les avocats de l’accusé puissent également poser leurs questions.

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Cette matinée a toutefois été marquée par la confirmation par le parquet de Bruxelles d’un vol avec effraction au sein du cabinet de Me Vincent Lurquin, avocat d’une partie civile dans ce procès. Le dossier Nemmouche, sur ordinateur et en version “papier”, a ainsi été volé, a confirmé le parquet. “Nous allons réévaluer la menace. Mais tout est serein pour l’instant”, précise la présidente de la cour d’assises. Le procureur fédéral précise qu’une réunion va être mise en place pour s’assurer que le procès se déroule “bien”, sans autre incident de ce type.

Relations tendues entre la défense et les enquêteurs

C’est dans un climat quelque peu tendu que les avocats de Nacer Bendrer ont entamé leurs questions aux enquêteurs et juges d’instruction. Les conseils du co-accusé de Mehdi Nemmouche ont procédé par thème, revenant sur l’achat d’armes et sur la “pseudo-radicalisation” de leur client. “S’il vous plait Me Blot, laissez les témoins répondre !”, est intervenue à plusieurs reprises la présidente de la cour d’assises, Laurence Massart.

L’avocat français de Nacer Bendrer est revenu sur deux armes, un revolver Llama et un pistolet Glock, achetées toutes deux par la même personne en Espagne, en octobre 2006. La première a été utilisée lors de l’attentat au Musée juif de Belgique, tandis que la seconde a servi à un règlement de comptes à Avignon. “On ne sait pas qui les a achetées”, a précisé la juge d’instruction. Les conseils de  Nacer Bendrer ont alors fait confirmer aux témoins que leur client était de son côté incarcéré aux Baumettes, à Marseille, au moment de l’achat.

Mes Blot et Vanderbeck ont évoqué la “pseudo-radicalisation” de leur client, faisant remarquer que son nom ne figurait pas sur un PV du 31 mai 2014 mentionnant que Mehdi Nemmouche serait à l’origine d’un groupe de musulmans radicaux à la prison de Salon-de-Provence. “À ce moment-là, ce nom ne nous évoque rien”, ont répondu les enquêteurs. Le chef d’enquête a ajouté que le rapport complet de l’établissement pénitentiaire, dans lequel Nacer Bendrer est bien cité, ne leur était parvenu qu’a posteriori. De plus, alors que les liens entre Mehdi Nemmouche et Mounir Atallah et leur localisation exacte dans la prison ont fait l’objet de recherches précises, pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas entre Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, s’interrogent ses avocats. “Le PV au sujet de M. Bendrer est peut-être moins précis, j’en prends note, je ferai mieux la prochaine fois”, a concédé le chef d’enquête. “Mais nous partons du principe que l’importance d’un lien n’est pas nécessairement lié à une durée.”

Me Gregory Vanderbeck - Avocat Procès Nemmouche - Belga Laurie Dieffembacq

“Est-il un terroriste ?”

“De votre point de vue, Nacer Bendrer est-il un terroriste ?”, a ensuite demandé l’un des avocats au chef d’enquête, ce à quoi la présidente a répondu que “la question serait posée au jury”. “Je ne sais pas, moi, si M. Bendrer est terroriste ou non”, a toutefois répondu l’enquêteur. “Je travaillais sur l’hypothèse d’une fourniture d’armes”. “Nous n’avons pas trouvé dans les effets analysés d’éléments d’attrait pour l’État islamique”, a complété la juge d’instruction. Nacer Bendrer avait encore déclaré que “le djihad, c’est de la merde”, ont rappelé ses conseils. “Ça, ils le disent tous devant nous. J’ai jamais entendu quelqu’un dire ‘j’adore le djihad'”, a renchéri la juge d’instruction.

Stratégie d’enquête

Le ton est encore monté entre Me Blot, avocat de Nacer Bendrer, et un enquêteur chargé du dossier. “Faire dire à des gens ce qu’ils n’ont pas dit, c’est de la stratégie d’enquête ?”, s’est énervé l’avocat. Me Blot faisait référence à une confrontation entre Nacer Bendrer et Mounir Attalah. Lors de cette confrontation, du 28 septembre 2015, Mounir Attalah indique avoir appris que Nacer Bendrer aurait dit, lors de ses auditions, que Mehdi Nemmouche aurait appelé Attalah en lui demandant de venir le chercher à la gare de Marseille. Or, Nacer Bendrer réfute avoir dit de telles choses. Il reconnait avoir déclaré “Attalah m’a précisé que Nemmouche l’a appelé chez lui juste avant son interpellation en mai pour aller le chercher”, mais déclare qu’il était en réalité question d’aller le chercher à Nice.

Ça, à Mounir Attalah “ça ne lui plait pas du tout”, a commenté Me Blot. “Il se dit: Bendrer ment, je n’ai jamais dit ça ! Pourquoi mettez-vous cela dans la bouche de Bendrer ?”, a demandé l’avocat directement à l’enquêteur concerné. “Ce que vous appelez indélicatesse, nous on appelle ça de la stratégie d’enquête”, a déclaré l’enquêteur. “Parce que faire dire à des gens ce qu’ils n’ont pas dit, c’est de la stratégie d’enquête ?”, s’est insurgé le conseil de Nacer Bendrer. Les questions aux enquêteurs se sont terminées dans une certaine cacophonie autour des questions et commentaires des conseils de Nacer Bendrer.

Une après-midi en rond

Après une pause de midi retardée, l’audience a repris vers 15h30 avant d’être à nouveau interrompue pour permettre aux avocats de Nacer Bendrer de déposer des conclusions. Celles-ci concernent un procès-verbal sur des analyses de traces papillaires sur une arme en possession de M. Bendrer, un p-v évoqué oralement par un enquêteur vendredi, alors que ce rapport ne figurait pas au dossier.

L’incident autour de ce témoignage, basé sur un rapport qui ne figurait jusqu’à vendredi pas au dossier, est revenu sur la table ce mercredi. Les avocats de Nacer Bendrer ont demandé à la présidente de la cour, Laurence Massart, d’acter que le témoignage fourni par l’enquêteur se basait effectivement sur un rapport absent du dossier. Ce rapport ne figurait pas au dossier, confirme la présidente. Mais un enquêteur l’a déposé vendredi, a-t-elle rappelé. “Pourquoi je refuse d’acter ? Parce qu’il y a eu un arrêt. Il est clair que ce rapport ne figurait pas au dossier. Mais il a été déposé dans l’annonce d’un dépôt de conclusions. Je ne vais pas faire acter ce qui est écrit dans l’arrêt”, a poursuivi Laurence Massart. “Qu’on arrête avec cet incident qui n’en n’est pas un !”

“Vous avez rendu un arrêt. Il est ce qu’il est. Mais aujourd’hui, je lui ai demandé (à l’enquêteur, NDLR) si son exposé oral était basé sur ce rapport et il m’a dit oui. Et j’aimerais que ce soit indiqué“, a renchéri Me Blot, conseil de Nacer Bendrer. “Je ne vais pas acter cette annonce car il n’y a pas de modification du témoignage”, a persisté la présidente. “On tourne en rond !” Les avocats ont cependant annoncé un dépôt de conclusions. La cour a finalement décidé de rejeter ces conclusions et d’affirmer que l’arrêt suffisait bien dans ce cas.

“Inacceptable”

La suite de la journée a été consacrée aux commentaires des différentes parties sur les auditions des enquêteurs et juges d’instruction. Plusieurs parties civiles se sont ainsi indignés des propos de Me Courtoy, accusant la police de manipulation d’images et de faux témoignage. “C’est inacceptable de dire qu’une enquête a été manipulée, d’accuser des enquêteurs d’avoir triché et trahi leur serment”, a estimé Me Dalne, avocat d’Annie Adam, la mère d’Alexandre Strens. “J’ai l’impression que depuis le début de ce procès, on a oublié que quatre personnes sont décédées”.

“J’interdis à Mehdi Nemmouche” et à ses avocats d’encore “salir la mémoire des Riva”, “c’est un scandale absolu”, a ajouté Me Marc Libert, avocat des époux israéliens tués lors de la fusillade au Musée juif. “On accuse des juges d’instruction de faire des faux en écriture, des faux témoignages. C’est extrêmement dérangeant car c’est largement relayé dans la presse par la défense de Nemmouche”, a-t-il encore déclaré.

Me Courtoy a également commenté ces auditions et s’est lancé dans une plaidoirie de près de vingt minutes, revenant sur l’image qu’il estime “bidouillée” ou encore sur les traces d’ADN sur la porte du Musée juif. “Nous vous demandons de solliciter l’IRM pour savoir quelles étaient les conditions météo, à l’ombre et au soleil, entre 14h00 et 17h00, le 24 mai 2014”, a encore réclamé comme devoir complémentaire Me Courtoy, avocat de Mehdi Nemmouche. La présidente de la cour, Laurence Massart, décidera plus tard si oui non elle fait droit à cette requête. “L’intérêt de ce devoir est une question de transpiration”, a justifié l’avocat, précisant que cela pourrait avoir une certaine importance par rapport aux traces ADN au Musée juif.

■ Duplex de Camille Tang Quynh et Charles Carpreau.

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19h16 – L’audience se termine

Au bout de cette longue journée, l’audience se termine. De nouvelles longues journées s’annoncent toutefois avec de nombreuses auditions d’experts et de la famille Riva, ce jeudi, puis le visionnage des auditions de Mehdi Nemmouche en prison, vendredi.

19h10 – Audience reportée

L’audience de l’expert en ADN est reportée au lundi 4 février à 9h00. Il est donc séparé d’un expert français en ADN qui viendra plutôt ce jeudi à 9h00. Suivront jeudi matin l’audition de la famille Riva puis les experts en balistique. Les médecins légistes seront par contre interrogés un autre jour.

18h47 – Un nouveau report ?

Le procureur fédéral demande que l’audition de l’expert en ADN, venu de Gand, vienne plus tard, car la journée se fait déjà tardive. “Les victimes méritent qu’on s’attarde sur les éléments-là, cela ne peut pas se faire vite”, explique-t-il. La présidente de la cour d’assises affirme que l’expert ne voulait déjà pas venir et va réfléchir à une solution.

L’audience va être suspendue “cinq minutes” le temps de voir avec l’expert comment procéder.

18h42 – ADN et météo

Les commentaires de Me Courtoy sont terminés. Il est encore revenu sur les tests ADN qui n’auraient pas été menés à “la vingtaine, trentaine de personnes autour du Musée juif au moment des faits”.

Il demande également un nouveau devoir d’enquête : les conditions météo du 24 mai 2014 entre 14h00 et 17h00 à Bruxelles. “Pour une question de transpiration”, demande l’avocat.

18h36 – “Pas de plaidoirie”

Me Courtoy s’indigne du fait que le jury n’a pas pu voir sa photo qu’il dit bidouillée “sur un petit écran”. Il dit qu’il donnera aux jurés, lors de sa plaidoirie, les coordonnées de la vidéo, affirmant que les lunettes ont pu être effacées via After Effects ou Photoshop.

L’avocat de Mehdi Nemmouche affirme encore qu’on risque “d’infliger pire que la peine de mort” à son client. Avant de s’étonner du fait qu’aucune caméra ne montrerait le tueur allant vers le domicile de Mehdi Nemmouche. “En dictature, il faut croire tout ce que dit la police”, ironise-t-il.

Face à ces commentaires, la présidente de la cour d’assises demande à Me Courtoy fasse plus court et ne fasse pas “une plaidoirie”.

18h28 – La photo “bidouillée”

Me Courtoy, avocat de Mehdi Nemmouche, lâche encore au jury qu’on pourrait “condamner à mort” son client. Des déclarations outrancières vu que la peine de mort n’existe plus en Belgique.

Il revient encore sur des détails de l’enquête, et notamment sur des reconnaissances autour des photos de Mehdi Nemmouche. Et sur la fameuse photo qui serait bidouillée. “On a entendu un policier mentir sous serment”, lance-t-il encore. “Nous ferons diffuser le texte que le policier a écrit dans son P.-V. : c’est un faux”, affirme-t-il. Il estime donc qu’il “est possible qu’un homme a menti dans cette enquête”.

18h21 – “Commissaires politiques”

Me Courtoy entame son commentaire désormais. Il affirme que “les choses auraient été plus simples si cela avait été un attentat de l’État Islamique”.

Il parle encore de “commissaires politiques qui n’acceptent pas qu’on n’accepte pas toutes les déclarations de la police”. Il revient encore sur des déclarations de témoins, qui affirmeraient que l’auteur de la fusillade était soit “un homme de plus ou moins 45 ans”, soit “un homme de près de 40 ans”. Mehdi Nemmouche avait 29 ans, le 24 mai 2014.

18h17 – “Certains excès”

Place au parquet fédéral. L’avocat général estime notamment que “les débats sont partis dans tous les sens” depuis le début du procès. Il remercie ensuite “les témoins” qui sont venus durant cette dernière semaine. Il souligne “le travail nuancé et objectif” des enquêteurs. “Vous avez peut-être vu aussi certains excès”, dit-il au jury, pour parler de la défense de Mehdi Nemmouche. “Je ne peux pas accepter ces accusations. (…) Tous ceux qui sont passés au tribunal passent après avoir prêté le serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Donc dire qu’ils ont sciemment bidouillé les choses, je ne peux pas l’accepter et cela doit être rappelé”, ajoute l’avocat général.

18h10 – “Soyez vigilants”

Me Hirsch revient encore sur les accusations de faux témoignage de la part des conseils de Mehdi Nemmouche, et insiste sur leurs paroles : “Ils affirment que le système est remis en cause”. L’avocate demande donc au jury : “Soyez vigilants”.

Place désormais à la défense du couple Riva. Il confie qu’on pourrait “évidemment faire plus dans cette enquête, c’est exponentiel. Mais il y des limites : le fait qu’il y a énormément de dossiers à traiter, le délai raisonnable pour réaliser une enquête…”, rappelle-t-il. Il revient encore sur “la gravité” des propos de la défense de Mehdi Nemmouche.

18h02 – “Ils n’ont pas posé de question”

Me Hirsch, avocate du CCOJB, prend désormais la parole. Elle revient sur le fait que Mehdi Nemmouche ne parle pas et que la défense de l’accusé “ne s’en prend pas ou quasiment pas aux preuves”. Elle appuie le fait que les avocats n’ont “pas posé de question”, affirme-t-elle. “La défense de Mehdi Nemmouche ne s’attache pas aux éléments objectifs du dossier”, clame l’avocate.

17h57 – Des témoins “ont peur”

Me Dalne indique que plusieurs témoins ont décliné de participer à ce procès, estimant “avoir peur” vu ce qu’il s’y passe. Il affirme que la soeur d’Alexandre Strens ne souhaite plus témoigner pour “ne pas participer à ce cirque”.

Il souligne encore l’exemplarité du travail de la police, et le professionnalisme des présentations des enquêteurs. “Ne tombez pas dans ce piège et ne regardez que ce dossier, que les éléments objectifs de ce dossier”, explique l’avocat d’Annie Adam, qui a ajoute qu’on “n’a pas entendu Mehdi Nemmouche jusqu’ici”.

17h53 – Défense contre partie civile

“C’est une montagne qui n’accouche même pas d’une souris”, affirme Me Masset par rapport aux théories de la défense de Mehdi Nemmouche et aux déclarations de ses avocats.

Me Dalne, avocat d’Annie Adam (la mère d’Alexandre Strens), explique pour sa part sa perplexité par rapport aux accusations des conseils de Mehdi Nemmouche, affirmant que la police aurait bidouillé les images de vidéosurveillance du Musée juif de Belgique. “Je ne parle pas du fond mais de la forme : c’est inacceptable d’accuser et de dire qu’une enquête a été manipulée. C’est inacceptable d’accuser des enquêteurs d’avoir triché. C’est inacceptable de dire que les enquêteurs ont trahi leur serment. Or, c’est ce qui s’est passé hier”, clame Me Dalne. Il lance “un appel au calme et à la mesure”. “On semble oublier qu’il y a quatre personnes qui sont décédées dans ce dossier”, dit-il encore.

17h46 – Commentaires

Il est finalement décidé de poursuivre avec les commentaires de toutes les parties autour des auditions des enquêteurs et juges d’instruction, menées ces huit derniers jours. Me Masset, avocat du Musée juif de Belgique, commence. Il souhaite “mettre en exergue” les déclarations des enquêteurs et les preuves matérielles évoquées par ceux-ci par rapport à l’acte de défense de Mehdi Nemmouche. Notamment l’ADN ou le “prétendu bidouillage des photos”.

17h41 – L’incident est clos

La cour estime que le témoignage, basé sur un rapport qui ne figurait jusqu’à vendredi pas au dossier, ne doit pas être acté car le témoignage est le même que celui délivré dans l’arrêt rendu vendredi à ce sujet. La demande de la défense de Nacer Bendrer est donc rejetée.

17h35 – L’audience reprend

Après près d’une heure et demie de discussions, tout le monde reprend sa place. On attend juste les procureurs pour la lecture de l’arrêt rendu par la cour sur les conclusions remises par la défense de Nacer Bendrer.

17h25 – Niveau de la menace

Selon la RTBF, l’OCAM ne va pas relever le niveau de la menace, actuellement à 3 sur une échelle de 4, au Palais de justice de Bruxelles, malgré le vol du dossier du procès au sein du cabinet de l’avocat Me Vincent Lurquin. Aucune autre mesure de sécurité supplémentaire autour du Palais de justice n’est également prévue. Une centaine de policiers et de nombreux gardes gèrent la sécurité autour de la cour d’assises de Bruxelles depuis le début du procès.

16h10 – Nouvelle suspension

La cour se retire pour rédiger un nouvel arrêt concernant cet incident. Il faudra donc encore patienter avant de connaître la suite du procès, et les commentaires de toutes les parties au sujet des auditions des enquêteurs.

16h03 – L’audience reprend

Les avocats de Nacer Bendrer rendent désormais leurs conclusions sur cet incident à la cour. Me Vanderbeck veut faire acter ce qui a été dit par les témoins évoqués par l’un des enquêteurs, au sujet d’analyses de traces papillaires sur une arme en possession de Nacer Bendrer.

Les parties civiles ne souhaitent pas faire de commentaire à ce sujet. Le procureur fédéral fait un commentaire sur le caractère judiciaire de ce procès et affirme que les rapports évoqués par le témoin ont été ajoutés au dossier “avant la fin de son témoignage” ce mercredi, en début d’après-midi.

15h43 – Dépôt de conclusions

La défense de Nacer Bendrer, après moults explications, demande finalement de déposer des conclusions à la cour d’assises sur cet incident. Cela signifie donc une suspension de séance, le temps du dépôt de ces conclusions.

15h36 – Arrêt

L’activité reprend enfin dans la cour d’assises. La présidente arrive et annonce la fin de la suspension de séance. On débute cet après-midi avec un retour sur l’incident qui a émaillé les débats de vendredi dernier. Lors de son audition, l’un des enquêteurs a réalisé un témoignage oral avec de nouveaux éléments qui n’étaient pas dans le dossier. Un arrêt a été déposé pour acter ces éléments nouveaux dans ce dossier. Mais depuis vendredi, ce point mène à des contestations de la part de la défense. La présidente de la cour d’assises confirme que l’arrêt est déposé et qu’il n’y a plus d’ambiguïté à ce sujet. Mais Me Blot, avocat de Nacer Bendrer, relance encore…

15h18 – Toujours pas d’audience

Les avocats sont quasiment tous présents, il ne manque plus que Me Lurquin et les avocats de Nacer Bendrer. L’audience devait reprendre à 15h00 mais on attend toujours le retour de la présidente de la cour d’assises.

13h50 – La séance est suspendue

L’audience se termine, elle reprendra vers 15h00 avec les commentaires de ces auditions des enquêteurs et juges d’instruction, ainsi que l’audition des experts en ADN vers 16h00.

13h45 – La séance se termine

Les avocats de Nacer Bendrer ont posé leurs dernières questions. Avec de nouveau une certaine cacophonie autour d’une procédure. La défense demande d’acter une dernière déclaration d’un enquêteur, la présidente de la cour d’assises refuse estimant qu’un arrêt confirme déjà ses propos.

13h39 – Cacophonie

L’avocat de Nacer Bendrer, Me Vanderbeck, revient encore sur des informations qui auraient été “oubliées” par les enquêteurs, notamment la détention de Mehdi Friga, l’un des hommes avec qui Mehdi Nemmouche a mené des effractions avant 2013. Les enquêteurs s’expliquent à chaque reprise. Cela devient toutefois une véritable cacophonie, quand Me Vanderbeck tente de répondre aux réponses.

La présidente de la cour d’assises a demandé à la défense de Nacer Bendrer de clôturer la séance de questions-réponses.

13h30 – Pressés

Les avocats de Nacer Bendrer sont pressés de terminer leurs questions et de ne pas faire de commentaire. Ils interprètent en effet les réponses des enquêteurs et souhaitent que celles-ci aillent dans le sens de leur défense. Cela donne un climat tendu dans le tribunal.

13h16 – Les auditions

Les avocats de Nacer Bendrer reviennent sur les auditions de Nacer Bendrer et ses proches ainsi que celles de Mounir Attalah, et accusent notamment les enquêteurs d’avoir posé des questions “tendancieuses”.

13h09 – Pression

Les questions de Me Vanderbeck, avocat de Nacer Bendrer, revient encore sur des contacts téléphoniques entre Mounir Attalah, Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer, ainsi que sur l’arrestation de proches de Nacer Bendrer au début de l’enquête. “Serait-ce une pression sur Nacer Bendrer ?”, demande l’avocat. “Pas du tout”, réplique un enquêteur.

12h58 – L’audience reprend

L’audience reprend enfin, après une demi-heure d’attente. “On termine impérativement à 13h40” les questions de la défense de Nacer Bendrer, précise la présidente de la cour d’assises. Les commentaires se feront après une pause.

Les experts en balistique seront finalement interrogés ce jeudi après-midi.

12h28 – Longues questions

La présidente de la cour d’assises demande aux avocats quel est leur timing. “Encore deux fois 15, 20 minutes”, affirme Me Vanderbeck. Il faut donc à nouveau libérer des enquêteurs français et juges d’instruction qui doivent quitter le tribunal pour repartir en France.

La séance est suspendue, le temps de prévenir les experts en balistique qui doivent être interrogés ce mardi après-midi.

12h17 – La téléphonie, encore

Me Vanderbeck pose des questions sur les contacts téléphoniques de Mounir Attalah et Mehdi Nemmouche, et appuient sur le fait que le premier et le dernier contact téléphonique de Mehdi Nemmouche, le 26 mai 2014, mène à Mounir Attalah. Il s’interroge encore sur des contacts téléphoniques entre un numéro belge et Mounir Attalah, en avril 2014. Les enquêteurs répondent précisément à ces questions.

12h08 – “Impressions”

Me Vanderbeck, avocat de Nacer Bendrer, pose des questions sur l’inculpation de Nacer Bendrer en tant que co-auteur de l’attentat du Musée juif, dans son rôle de fournisseur des armes de la fusillade. Il s’interroge également sur le rôle de Mounir Attalah et sa libération, ou plutôt sur les “impressions” des enquêteurs et juges d’instruction. La présidente de la cour d’assises réaffirme qu’on ne peut pas poser de question sur des “sentiments ou des impressions”.

Pendant ce temps, Mehdi Nemmouche discute quelques fois avec son avocat Me Courtoy, et sourit à plusieurs reprises.

11h59 – Terroriste

Me Blot, avocat de Nacer Bendrer, demande aux enquêteurs et juges d’instruction s’ils “pensent que Nacer Bendrer est un terroriste”. La présidente de la cour d’assises estime que cette question n’a pas lieu d’être car elle ne concerne pas les constatations de l’enquête.

11h56 – La “téléphonie de guerre”

Les questions de la défense de Nacer Bendrer portent désormais sur la “téléphonie de guerre”, ces contacts téléphoniques entre Nacer Bendrer, Mounir Attalah et Mehdi Nemmouche, via des numéros qui appartenaient à sa famille, en avril et mai 2014. La présidente de la cour d’assises rapporte toutefois que la plupart des questions “ont déjà été évoquées tout au long de la semaine”.

11h48 – Tensions

Cela reste tendu entre la présidente de la cour d’assises et les avocats de Nacer Bendrer, qui souhaitent tout le temps intervenir suite aux réponses des enquêteurs et juges d’instruction. On discute toujours de la radicalisation de Nacer Bendrer. Les juges d’instruction estiment que de nombreux rapports et de nombreuses auditions confirment que Nacer Bendrer s’est radicalisé en prison.

La présidente de la cour d’assises s’inquiète également du timing : les enquêteurs et juges d’instruction doivent repartir en train vers 13h00. “On pensait que les témoins allaient répondre oui ou non, du coup ça ne dure pas une heure comme on l’avait prévu”, sourit Me Blot. “Ah, vous trouvez que les témoins parlent trop”, ironise la présidente de la cour d’assises. “On peut dire amen aussi sinon”, répond encore une juge d’instruction.

11h39 – Signes de radicalisation

Me Vanderbeck pose encore des questions sur les “indicateurs de radicalisation” qui auraient été repérés concernant Nacer Bendrer et Mehdi Nemmouche. Il demande aux enquêteurs de répondre oui ou non. “Vous voulez rendre simple quelque chose qui ne l’est pas”, répond l’un des enquêteurs qui développe.

11h35 – Contacts

Les questions de la défense de Nacer Bendrer continuent et se focalisent sur la radicalisation présumée de son client. Les questions portent sur les contacts de Nacer Bendrer avec d’autres détenus de la prison de Salon-de-Provence. À chaque reprise, les avocats de l’accusé tentent de commenter les réponses des enquêteurs, mais la présidente élève toujours la voix pour demander aux avocats de laisser les enquêteurs et juges d’instruction répondre complètement.

11h28 – Dossier volé

On a appris, par le parquet de Bruxelles, que le dossier de l’attentat du Musée juif a été volé, ce mardi soir, dans le cabinet de l’avocat Me Vincent Lurquin, à Berchem-Sainte-Agathe. Plus d’informations en cliquant ici.

Me Vincent Lurquin représente une personne présente dans le musée lors de la fusillade du 24 mai 2014.

11h18 – Analyses

Les avocats de Nacer Bendrer s’interrogent notamment sur la radicalisation évoquée dans des rapports pénitentiaires en 2010, à Salon-de-Provence, où Bendrer, Mounir Attalah et Mehdi Nemmouche étaient incarcérés durant quelques mois. Les enquêteurs répondent que de nombreux documents ont été analysés.

11h14 – Séjour en prison

Les questions de la défense de Nacer Bendrer concernent désormais le séjour en prison à Salon-de-Provence de Nacer Bendrer, et le fait qu’il n’aurait pas eu tant de contacts avec Mehdi Nemmouche. L’accusé confirme, devant la présidente de la cour d’assises, qu’il était pendant trois mois au même étage que Mehdi Nemmouche et Mounir Attalah et qu’ils se retrouvaient “de temps en temps” à trois en salle de sport ou en promenade. Les questions de la défense de Nacer Bendrer sont très précises et se répètent souvent.

11h04 – La défense de Nacer Bendrer ne pense pas que l’enquête a été “manipulée”

Les avocats de Nacer Bendrer ne partagent pas la thèse d’une manipulation de l’enquête pour incriminer Mehdi Nemmouche, a assuré Me Gilles Vanderbeck à l’agence Belga, avant son entrée dans la cour d’assises. Pour Me Vanderbeck, l’enquête “n’a pas toujours été bien menée mais il n’y a pas eu de manipulation”. Me Courtoy, avocat de Mehdi Nemmouche, avait remis en cause mardi plusieurs volets de l’enquête, notamment l’expertise vocale et le travail sur les images du tueur, qu’il affirme être truquées.

11h00 – “Laissez répondre”

Me Blot relance des questions sur les P.-V. dressés après l’attentat du Musée juif et l’arrestation de Mehdi Nemmouche, en mai 2014, et sur l’absence du nom de Nacer Bendrer dans un P.-V., le 30 mai 2014. Me Blot tente à chaque fois de parler au-dessus des réponses des enquêteurs, mais la présidente de la cour d’assises le coupe à chaque fois : “Laissez les témoins répondre s’il vous plaît ! On ne les interrompt pas !”

10h51 – Les déplacements de Nacer Bendrer

Me Vanderbeck et Me Blot enchaînent l’un après l’autre, leurs questions. Ils interrogent notamment sur les déplacements de Nacer Bendrer, et affirment plusieurs fois qu’à des moments-clés de l’enquête sur les armes, leur client était à chaque fois en prison. La juge d’instruction précise que les liens ne sont pas toujours faits avec Nacer Bendrer mais avec “le milieu criminel du sud de la France”, confirmant que les armes étaient dans cette région après leur achat en Espagne.

10h44 – Le parcours des armes

Place à la défense de Nacer Bendrer et à ses questions pour les enquêteurs et juges d’instruction toujours présents au tribunal ce mercredi matin. Me Blot demande encore des précisions sur le trajet des armes et sur M. Kittek, l’identité de l’homme qui avait acheté les armes de la fusillade en Espagne. Les enquêteurs confirment encore que M. Kittek a été victime d’une usurpation d’identité : “Il est écarté de tout lien avec le dossier”. Un autre enquêteur confirme également qu’aucun lien n’a été rapporté entre Mehdi Nemmouche et M. Kittek, mais bien entre Nacer Bendrer et M. Kittek.

Me Blot pose la question de savoir si les enquêteurs savaient où était Nacer Bendrer au moment de l’achat des armes, en octobre 2006. La juge d’instruction confirme qu’il était en prison à ce moment-là.

10h36 – Précisions et problèmes techniques

On commence la journée avec une précision de la part d’un expert en sécurité informatique, expliquant notamment pourquoi il est quasiment impossible de craquer et d’extraire les données d’un iPhone dans le cadre d’une enquête judiciaire en France et en Belgique. “Cela demanderait près de 200.000 euros”, confirme-t-il. Son commentaire connaît toutefois de nombreux problèmes techniques en raison d’un micro défectueux.

10h28 – “Un flop pathétique” de la défense

“On avait annoncé une grande offensive de la défense, pour ma part, ce que j’ai entendu hier pendant deux heures, c’est un flop pathétique, un pétard mouillé”, a réagi à son arrivée au Palais de justice de Bruxelles Me Adrien Masset, avocat du Musée juif de Belgique. Mardi, Me Courtoy, conseil de Mehdi Nemmouche, a notamment lourdement remis en cause la fiabilité des conclusions de l’expert vocal et est revenu sur son argumentaire selon lequel les images de vidéo-surveillance du Musée juif avaient été truquées.

“Ils n’ont rien démontré du tout et à mon avis, la suite du procès sera du même acabit: de grandes déclarations, des effets d’annonce qui ne sont suivis de rien du tout”, a ajouté Me Masset. “On s’attendait à ce type de défense”, poursuit son confrère, Me Nardone. “On espérait autre chose, que M. Nemmouche parle peut-être, qu’il puisse nous raconter sa vérité. Ce n’est absolument pas le cas, il nous annonce parler plus tard. On attend toujours de voir… C’est le flou total. (…) Chaque fois que la défense soulève quelque chose, c’est totalement contredit par ce qu’il y en dans le dossier, par l’enquête.”

10h26 – L’audience commence

Avec une demi-heure de retard sur le timing initial, le procès reprend enfin.

10h16 – Du retard

L’audience n’a toujours pas commencé, même si bon nombre d’avocats sont déjà présents. Les conditions climatiques peuvent expliquer notamment ce retard, cela avait déjà été le cas lors des premières chutes de neige sur la capitale, voici une semaine.

9h55 – Retour au tribunal

La reprise du procès est donc prévue pour 10h00. L’audience reprend légèrement plus tard que prévu, notamment suite à la longue journée de questions-réponses menée ce mardi à la cour d’assises. La défense de Mehdi Nemmouche a même, selon elle, “coupé dans (ses) questions”, Me Courtoy estimant que cela ne servait à rien de continuer “pour obtenir les mêmes réponses qu’à l’accoutumée”.

L’audience s’est terminée ce mardi vers 19h40, après une sélection par la défense de Nacer Bendrer des juges d’instruction et des enquêteurs qui doivent encore répondre à leurs questions. Le timing est en effet serré car la plupart des enquêteurs sont français et ont un train à prendre ce mercredi midi.

Voir aussi : Le bilan complet de cette journée de questions-réponses aux enquêteurs et le résumé de la journée par Camille Tang Quynh, en direct du Palais de justice

Grégory Ienco avec C.T.Q. et Belga – Photos : illustration Belga

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31 janvier 2019 - 06h45
Modifié le 31 janvier 2019 - 06h59