L’autopartage accélère la baisse du nombre de voitures dans les ménages bruxellois
La voiture individuelle semble perdre progressivement son statut d’équipement indispensable à Bruxelles. Une étude récente menée auprès d’usagers de l’autopartage montre qu’une large majorité des utilisateurs de Cambio et Poppy ont réduit leur nombre de véhicules, certains allant jusqu’à abandonner complètement la possession d’une voiture. Dans une ville marquée par la congestion et le manque d’espace public, ces services apparaissent comme un levier important dans l’évolution des pratiques de mobilité.
■ Reportage de Maël Arnoldussen et Morgane van Hoobrouck
Les services d’autopartage continuent de s’ancrer dans le quotidien de nombreux Bruxellois. Selon les données communiquées par Bruxelles Mobilité, près des deux tiers des utilisateurs interrogés déclarent avoir diminué le nombre de voitures dans leur foyer depuis qu’ils ont recours à ces offres. Une proportion importante affirme même ne plus posséder de véhicule du tout.
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Pour Martin Lefrancq, conseiller en nouvelle mobilité, ces résultats s’inscrivent dans une dynamique plus large. “Les chiffres dont on dispose pour 2024, c’est près de 120.000 usagers actifs qui utilisent des services d’autopartage au moins une fois par an”, explique-t-il. Ce chiffre rejoint d’autres enquêtes, selon lesquelles “10 à 11 % des répondants utilisent ce type de service”. L’essor est particulièrement visible du côté des services en free-floating, comme Poppy, accessibles directement via une application. “Télécharger une application est beaucoup plus facile”, note-t-il, tout en soulignant que l’offre en station, comme celle de Cambio, continue également de croître.
Deux opérateurs, deux usages complémentaires
À Bruxelles, Cambio et Poppy dominent aujourd’hui le secteur. Les deux opérateurs disposent chacun de plus de mille véhicules disponibles, mais répondent à des besoins différents. “Cambio fonctionne avec des voitures en station, ce qui permet des locations plus longues”, détaille Martin Lefrancq. “Tandis que Poppy, c’est plus instantané. Ce sont deux usages différents mais complémentaires.” Cette diversité contribue à rendre l’autopartage attractif pour des profils variés : citadins sans voiture, familles, ou encore ménages souhaitant éviter l’achat d’un second véhicule.
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L’étude montre également que de nombreux usagers estiment qu’ils devraient acheter une voiture en l’absence d’autopartage. Pour Lefrancq, l’enjeu est central : “La possibilité d’avoir accès à une voiture partagée permet de se dire : je n’ai plus besoin de mon deuxième véhicule, ou même de mon seul véhicule.” Il observe que l’impact est encore plus fort chez ceux qui utilisent plusieurs services : “Pour les usagers des deux services, on monte presque à 80 %. C’est vraiment un outil de prévention et d’évitement de motorisation des ménages.” Bruxelles connaît d’ailleurs une baisse continue du taux de motorisation depuis plusieurs décennies. “Aujourd’hui, on est à environ 45 % des ménages bruxellois motorisés”, rappelle-t-il.
Azad Yagirian