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“L’alcool nuit à la santé” : le nouveau slogan qui ne plait pas aux brasseurs belges

“L’alcool nuit à la santé”,  c’est le nouveau slogan préventif qui devra désormais figurer sur toutes les publicités pour des boissons alcoolisées. Un changement prévu par un arrêté royal qui ne passe pas auprès des brasseurs belges. Dans une lettre ouverte, ils dénoncent une campagne “paternaliste” et “culpabilisante”. Approuvée par la majorité fédérale, la décision divise. Edgar Szoc, rédacteur en chef de Prospective Jeunesse, est revenu sur cette polémique ce lundi soir dans Bonsoir Bruxelles.

Le 27 mars dernier, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a durci les règles en matière de publicité pour l’alcool. La mention “L’alcool nuit à la santé” devra désormais figurer sur les publicités pour les boissons alcoolisées, en remplacement de l’ancien slogan “L’abus d’alcool nuit à la santé”.

Mais la décision ne s’arrête pas là. Les publicités pour l’alcool seront interdites dans les médias destinés aux jeunes. Il sera également interdit d’offrir des boissons alcoolisées, sauf dans certaines situations, notamment lors de dégustations.

Pour Edgar Szoc, cette nouvelle mention reste toutefois insuffisante. Selon lui, une interdiction totale de la publicité pour l’alcool serait plus cohérente. “L’alcool, au même titre que l’amiante, est depuis 1988 classé comme cancérogène de catégorie A. On imagine mal un message publicitaire disant : “L’abus d’amiante nuit à la santé” “, justifie-t-il.

Une responsabilité qui repose désormais sur le produit

Le changement de slogan renvoie directement à la dangerosité du produit, et non plus uniquement à la responsabilité du consommateur. Pour le rédacteur en chef de Prospective Jeunesse, il s’agit d’un premier pas, même si la polémique suscitée par l’arrêté royal l’inquiète. “Le lever de boucliers autour de cela est quand même inquiétant“, estime-t-il.

L’arrêté royal ne passe en effet pas auprès des brasseurs belges, qui ont notamment lancé une pétition. Dans leur lettre ouverte, ils dénoncent une approche qu’ils jugent culpabilisante. Ils l’ont illustrée avec une photo montrant une bande d’amis, un verre à la main et tout sourire, accompagnée de la question : “En quoi ces moments posent-ils problème ?”

Pour Edgar Szoc, le débat ne porte pas sur une éventuelle prohibition de l’alcool, mais sur la nécessité d’en limiter les risques. “Le produit est dangereux en tant que tel“, explique-t-il. Il ne réclame pas pour autant son interdiction, mais défend une consommation raisonnée : “Un verre, c’est un petit peu dangereux. Dix verres, c’est très dangereux et zéro verre, le risque est nul.

Selon lui, avertir sur les risques liés à l’alcool ne signifie donc pas interdire sa consommation. Mais la publicité joue, à ses yeux, un rôle important dans les comportements, notamment lorsqu’il s’agit de promouvoir la consommation d’alcool.

► À lire aussi : Le gouvernement adopte de nouvelles règles pour les publicités pour l’alcool

“Ces mesures auraient dû être prises depuis longtemps”

Après s’être attaqué au tabagisme, le ministre de la Santé entend désormais renforcer la prévention autour de la consommation d’alcool. Des mesures qui auraient, selon Edgar Szoc, dû être prises plus tôt. “Ça fait très longtemps que ces mesures devraient être prises. Mais avec les réactions à cette campagne, on voit maintenant pourquoi elles ne sont pas prises “, explique-t-il, en soulignant notamment le poids des intérêts économiques liés au secteur.

L’apport économique du secteur brassicole a été estimé par le Bureau fédéral du Plan à 4 milliards d’euros, soit environ 1 % du PIB. Malgré ce poids économique, la consommation totale de bière en Belgique a diminué de 3,2 % en 2025, avec une baisse de 4,1 % dans l’Horeca et de 2,6 % dans le commerce de détail.

Derrière cette polémique se trouve également un secteur économique important pour le pays. La Belgique compte 395 brasseries, dont 200 à Bruxelles. En 2025, les investissements du secteur ont atteint 213 millions d’euros.

► Retrouvez Bonsoir Bruxelles du lundi au vendredi de 17h à 19h

■ Une interview d’Edgar Szoc au micro de Fabrice Grosfilley et Jamila Saidi M’Rabet dans Bonsoir Bruxelles