Saint-Josse approuve ses comptes 2024, le vote sur ceux de 2025 reporté
Le conseil communal de Saint-Josse-ten-Noode a approuvé mercredi soir une troisième version des comptes 2024, malgré les votes défavorables du PS et d’Ecolo. Les deux versions précédentes avaient été rejetées par la tutelle régionale. Le vote sur les comptes 2025 a en revanche été reporté en raison de documents non conformes, après une remarque de l’opposition.
Les débats se sont déroulés dans une atmosphère tendue, marquée par une profonde méfiance entre majorité et opposition. Les conseillers ont multiplié les échanges sur la régularité des documents et la gestion financière. Le report du vote sur les comptes 2025 est intervenu après que l’opposition a soulevé un problème de conformité des documents soumis au conseil.
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L’approbation du budget 2026 reste bloquée tant que les comptes 2024 et 2025 ne sont pas validés par la tutelle régionale. Le bourgmestre Emir Kir a assuré que ce budget, à l’équilibre selon lui, était prêt depuis l’été, mais qu’il ne pouvait être déposé en raison de cette situation. Le blocage complique également l’accès de la commune aux financements régionaux.
La commune a introduit un recours devant le Conseil d’État contre le rejet de ses précédents comptes 2024. L’examen du dossier est prévu en novembre. Cette procédure a été maintenue malgré la présentation d’une nouvelle version des comptes, afin de pouvoir objectiver les demande de la tutelle, a précisé le maïeur.
Les nouveaux comptes 2024 présentent un déficit proche de 12 millions d’euros, contre 11,2 millions dans la version précédente. Cette correction d’environ 700.000 euros n’a pas convaincu l’opposition.
Remarques de l’opposition
Philippe Boïketé (PS) a critiqué le maintien de créances jugées irrécouvrables, estimant que les corrections exigées par la Région n’ont pas été apportées. Pascal Lemaire (Ecolo) a mis en garde contre la réduction des investissements. “Tous ces investissements qui ne sont pas faits, ça se paye aujourd’hui, mais ça va se payer surtout le double ou le triple demain“, a-t-il averti. Il a aussi pointé les charges financières à court terme, passées selon lui de 70.000 à 900.000 euros.
Ahmed Mouhssin (Ecolo) a multiplié les questions, dénonçant une mauvaise gestion. Il a rappelé que l’ancien bourgmestre Jean Demannez avait laissé, un boni de 12 millions d’euros, contre un déficit cumulé de 25 millions aujourd’hui, soit une dégradation de 37 millions, selon lui.
Emir Kir a défendu les corrections apportées, rappelant que 12 à 13 millions d’euros de créances irrécouvrables, parfois anciennes de plusieurs décennies, ont dû être intégrés aux comptes à la demande de la tutelle. “On ne peut pas dire qu’on aide la commune quand on entrave l’adoption de ses comptes“, a-t-il par ailleurs lancé à l’assemblée. Il a aussi annoncé une adaptation du plan triennal 2025-2027 face aux coûts énergétiques et aux indexations salariales.
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Sur les bancs de la majorité, Yves Bassambi (Liste du bourgmestre) a évoqué une possible “entrave politique délibérée“, réclamant que Saint-Josse soit traitée comme les autres communes. Cette accusation fait écho aux critiques formulées en septembre dernier par Emir Kir, qui avait reproché au ministre bruxellois des Pouvoirs locaux, Ahmed Laaouej (PS) de mener une croisade personnelle contre lui et de réserver à Saint-Josse un traitement différent de celui des autres communes bruxelloises.
Le 24 septembre, le socialiste avait annoncé un second avertissement formel aux autorités communales tenoodoises, pointant trois manquements: les comptes 2024, l’absence de receveur communal titulaire depuis 2021 et le budget 2026. Saint-Josse dispose de trois mois pour régulariser sa situation, sous peine de voir la Région envoyer un ou plusieurs commissaires.
Belga