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“On n’en fait pas assez dans le port d’Anvers, la cocaïne n’arrive pas par parachute dans nos quartiers”

“N’importe quel citoyen peut se prendre une balle. Cela ne va pas se calmer”, a averti vendredi le procureur du Roi de Bruxelles, Julien Moinil, lors d’une conférence de presse consacrée à la nouvelle vague de violences liées au narcotrafic. Environ 150 fusillades ont été recensées depuis les tirs à l’arme de guerre survenus le 5 février 2025 à Clémenceau.

Pour Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles, il est clair que nous vivons une crise sécuritaire dans la capitale: “on doit montrer qu’on peut la gérer“. Il salue le travail du procureur du Roi de Bruxelles et veut rassurer. “Les citoyens doivent savoir qu’on arrête 100% des auteurs de ces fusillades, quasiment. La police est extrêmement efficace. Le parquet est efficace. Mais aujourd’hui, il faut pouvoir remonter les filières.

►Lire aussi | Julien Moinil fait le point sur les fusillades: “N’importe quel citoyen peut se prendre une balle”

Le bourgmestre déclare qu’il faut une double action pour lutter contre le trafic de drogue. “La cocaïne est dans toutes les couches de la société. On doit à la fois avoir ce travail de répression extrêmement dur, mais aussi se poser la question de pourquoi autant de gens se droguent et donc travailler sur la prévention.” Il regrette d’ailleurs les coupes budgétaires imposées aux ASBL sur le terrain.

Plus que des task force et des renforts sur le terrain, Philippe Close demande qu’on intervienne plus au port d’Anvers pour couper l’approvisionnement. “Rotterdam a mis le paquet et a serré la vis. Du coup, le marché de la cocaïne s’est déplacé sur Anvers. Alors, je comprends que l’économie d’Anvers, c’est fondamental pour notre pays. Mais on est dans une crise et aujourd’hui, on sent du côté du Premier ministre et peut-être des gens qui l’entourent, comme la ministre de la Justice ou le ministre en charge des Douanes qui sont tous des Anversois, qu’on veut protéger le port d’Anvers. J’ai pas de problème, j’ai besoin de l’économie, mais aujourd’hui, comment est-ce audible auprès de la population qu’on ne soit pas plus ‘hard’. 

Si on n’empêche pas la cocaïne de rentrer sur notre territoire, qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? Comment est-ce qu’elle arrive la cocaïne ? Elle n’arrive pas par parachute. Contrôlons ce port d’Anvers, enfin !“, a-t-il exhorté.

 

■ Revoir l’interview complète de Philippe Close dans la vidéo ci-dessus