Indépendance de la RTBF : la ministre-présidente Degryse confirme sa confiance en sa ministre des Médias
La ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse (Engagés), a confirmé mardi sa confiance en sa ministre des Médias, Jacqueline Galant (MR), au centre de la polémique depuis dix jours suite à des propos polémiques sur la RTBF.
Longuement interpellée mardi matin en commission du parlement par l’ensemble de l’opposition, Mme Degryse a souligné qu’aucun acte attentatoire à l’indépendance de la radio-télévision publique n’avait été posé par Mme Galant. “La seule opinion exprimée par une ministre ne suffit pas à constituer un acte d’ingérence. L’opinion d’une ministre des Médias ne suffit pas à faire vaciller l’audiovisuel public, ni à infléchir une ligne éditoriale“, a fait valoir la ministre-présidente, s’appuyant notamment sur l’avis dans le même sens exprimé par le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) la semaine dernière.
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Lors d’une conférence devant des militants libéraux le 13 janvier dernier à Walhain (Brabant wallon), la ministre Galant avait dit espérer que le remplacement prochain de l’administrateur général de la RTBF et de son directeur de l’information puisse amener la ligne éditoriale de la RTBF “de l’autre côté de l’échiquier politique“. Devant les députés, Mme Degryse a rappelé la procédure longue et cadrée de désignation du futur administrateur général, réfutant dans la foulée toute volonté de son gouvernement de peser sur le choix à poser. “Il n’y a pas d’accord politique sur ce poste“, a martelé la ministre-présidente.
À la suite de cette polémique, Mme Degryse a annoncé son intention de lancer une réflexion sur l’élaboration d’un code de déontologie pour l’ensemble des membres du gouvernement.
Une “honte”
Très remontée, l’opposition a annoncé en séance le dépôt de plusieurs motions demandant que la compétence Médias soit retirée du portefeuille ministériel de Mme Galant. “Elle ne peut plus exercer sa fonction“, a notamment jugé Sabine Roberty (PS). Un avis partagé par Bénédicte Linard (Ecolo). Amandine Pavet (PTB) a qualifié de “honte” la défense par la majorité de Jacqueline Galant. Pour Fabien Maingain (Lib.res), les propos de la ministre ne constituent pas un dérapage, mais une stratégie de discrédit des médias publics.
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Dans la majorité, Diana Nikolic (MR) a assuré que ni son parti ni la ministre ne voulaient affaiblir la liberté de la presse. “Ce qui compte, ce sont les actes, pas les petites phrases“, a-t-elle plaidé. “Nous condamnons sans réserve les propos (de Mme Galant) et saluons qu’ils aient été recadrés au plus haut niveau“, a commenté de son côté Loris Resinelli (Engagés). Celui-ci a toutefois appelé l’opposition à ne pas instrumentaliser la séquence, ni à “transformer la critique en soupçon systématique“. Après le débat avec la ministre-présidente en matinée, les députés interpelleront Mme Galant en début d’après-midi sur ses propos prononcés à Walhain.
Belga