Violences policières : le dossier Sourour Abouda remis au 14 avril
Le dossier Sourour Abouda, entendu mardi matin en chambre du conseil de Bruxelles, est remis au 14 avril, a annoncé Maxime Nardone, l’avocat de la famille pour la procédure pénale, à l’issue de l’audience tenue à huis clos.
D’ici au 14 avril, chaque partie doit remettre ses conclusions sur l’identification des policiers dans le réquisitoire du parquet. Ensuite, la chambre du conseil pourra trancher sur le renvoi de l’affaire en correctionnelle.
Les avocats Maxime Nardone, Selma Benkhelifa, Loïca Lambert et Alexis Deswaef, passés en chambre du conseil mardi, soutiennent que ces policiers doivent figurer au réquisitoire, afin de pouvoir convaincre la chambre du conseil de les poursuivre à titre individuel. Sans cela, le réquisitoire est “incomplet”, estime la partie civile.
Le parquet demande pour sa part le renvoi de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles devant le tribunal correctionnel pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution, sans citer les policiers nommément.
150 personnes place Poelaert avant l’audience décisive dans le dossier Sourour Abouda
Environ 150 personnes étaient rassemblées, mardi matin place Poelaert, avant l’ouverture de l’audience décisive en chambre du conseil de Bruxelles. À 10h00, la juridiction reprendra l’examen du dossier Sourour Abouda, décédée en cellule le 12 janvier 2023 après avoir été arrêtée par une patrouille de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles.
“Nous ne tolérerons pas un non-lieu de plus”, a déclaré mardi le collectif Justice pour Sourour avant l’audience, en référence aux autres dossiers de violence policière qui n’ont pas abouti en procédure correctionnelle.Les manifestants présents en soutien à la famille de la victime ont scandé une série de slogans, dont “On n’oublie pas, on ne pardonne pas”, “pas de justice, pas de paix” et “police raciste, justice complice”. Ils ont rappelé la mort de Fabian (11 ans), tué le 2 juin 2025 au parc Elisabeth après avoir été percuté par un véhicule de police qui s’était lancé à sa poursuite. Le garçon conduisait une trottinette.
“Aura-t-on droit à un procès public?”, a enchaîné l’avocate Selma Benkhelifa qui représente les parties civiles dans ce dossier contre la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles. Elle a rappelé que la justice était “très lente” dans les affaires de violence commise par la police. Elle a partagé la “demande générale” à un procès public pour “toutes les personnes qui sont mortes entre les mains de la police”.La partie civile plaide en chambre du conseil mardi pour que sept policiers soient repris nommément au réquisitoire du parquet, afin de pouvoir les poursuivre à titre individuel.
À ce stade, le procureur Julien Moinil, chargé du dossier, demande le renvoi de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles devant le tribunal correctionnel pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution. C’est la première fois qu’une zone de police risque des poursuites pénales dans un dossier judiciaire belge.Si la poursuite de la zone de police devant la justice pénale est déjà exceptionnelle, la partie civile souhaite que les noms des policiers figurent au réquisitoire, sans quoi le dossier est “incomplet”, selon Maxime Nardone, l’avocat de la famille pour la procédure pénale.
“On espère que la chambre du conseil fera le choix de la transparence”, ont déclaré le collectif Justice pour Sourour et la famille de la victime mardi matin.
Ce serait un “signal fort” donné à l’institution policière “ainsi qu’à chaque policier et policière”, ont-elles ajouté.La chambre du conseil de Bruxelles entend le dossier Sourou Abouda pour la deuxième fois, ce mardi. Lors de l’audience précédente, le 13 juin, la famille de la victime et la zone de police avaient demandé des devoirs d’enquête complémentaires, désormais obtenus.La partie civile souhaitait accéder aux dossiers disciplinaires des policiers qui travaillaient le 12 janvier 2023. Ce jour-là, une patrouille de la zone de police de Bruxelles-Capitale/Ixelles avait d’abord procédé à la privation de liberté de Sourour Abouda peu avant 06h00, rue Américaine à Ixelles, pour troubles à l’ordre public. Les policiers l’avaient ensuite conduite au complexe cellulaire du RAC, le centre administratif de la police fédérale située rue Royale à Bruxelles, où Sourour Abouda (46 ans) a été retrouvée morte en cellule deux heures plus tard.
“Immédiatement, la police a annoncé un suicide à la famille”, a rappelé mardi matin le comité Justice pour Sourour. Il reste des zones d’ombres autour de décès de Sourour Abouda, que la famille souhaite tirer au clair avec un procès public et une inculpation des policiers qui sont intervenus le 12 janvier 2023.
L’arrestation de Sourour Abouda était “injustifiée” et “n’avait pas lieu d’être”, a souligné le collectif mardi, avant de rappeler que deux autres personnes sont décédées dans cette cellule du RAC.
L’avocate Selma Benkhelifa a demandé, au nom de la famille et des citoyens, un “droit de regard” sur les dossiers de violences policières qui sont “d’une violence arbitraire et brutale”. “Nous l’exigeons, c’est un droit démocratique de base”, a-t-elle ajouté. “On continuera pour Sourour et pour toutes les autres personnes qui sont mortes entre les mains de la police.”
Belga