Vers un nouveau règlement pour interdire la mendicité des enfants à Bruxelles: “Leur place est à l’école”
La Ville de Bruxelles remet sur la table un règlement autour de la mendicité des enfants de moins de 16 ans. Après un premier refus du Conseil d’État, l’interdiction serait cette fois limitée à des zones bien précises.
■ Reportage de Jamila Saidi M’Rabet, Marjorie Fellinger et Laurence Paciarelli
En novembre 2025, le Conseil d’État avait annulé un règlement interdisant de mendier avec un enfant de moins de 16 ans sur le territoire de la Ville de Bruxelles. Selon l’arrêt du Conseil d’Etat, rendu le 20 novembre 2025, il ne respectait pas l’intérêt supérieur de l’enfant, puisqu’il prévoyait notamment un volet répressif, avec une amende administrative allant jusqu’à 350 euros pour les personnes qui mendiaient en rue avec leur enfant. Un nouveau règlement est proposé par la majorité PS/MR/Engagés, qui sera soumis au vote lors du conseil communal de lundi prochain.
“La grande base, c’est de dire que la place des enfants est à l’école, pas dans la rue”, nous précise Philippe Close (PS), bourgmestre de la Ville de Bruxelles. “Donc, on reprend ce règlement et on corrige les remarques qu’a faites le Conseil d’Etat, pour qu’il n’y ait pas d’enfants dans la rue. On a réduit le territoire sur lequel on travaillait, qui était trop large selon le Conseil d’Etat. On limite ça au Pentagone et à l’avenue Louise, les endroits qui étaient les plus envahis par cela. Ce qui reste, c’est qu’il est interdit de faire mendier des enfants. Notre arrêté précédent avait eu un succès, c’est qu’il n’y avait plus d’enfants qui mendiaient en rue. Aujourd’hui, on reprend cet arrêté pour continuer cette politique.”
En cas de mendicité avec un efant, les amendes peuvent atteindre 500 euros “et on peut aller jusqu’au parquet de la jeunesse parce qu’on peut considérer qu’il y a de la maltraitance. Et en même temps, on a ouvert des places dans nos écoles pour qu’ils puissent suivre un cursus“, précise le bourgmestre.
La mendicité agressive “physique ou verbale, ou de manière insistante ou intimidante” sera également interdite via cet arrêté “mais l’idée n’est pas de chasser les personnes qui sont dans la précarité“, insiste encore Philippe Close.
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