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Un snack en plein hotspot à Saint-Gilles est fermé par la commune, le gérant saisit le Conseil d’État

Privé d’activité depuis la fermeture administrative de son snack, le gérant de Sania a décidé de se tourner vers le Conseil d’État.

Le rideau du snack Sania, situé à Saint-Gilles, est baissé depuis 24 avril. L’établissement est, depuis lors, fermé par un arrêté de police du bourgmestre Jean Spinette (PS), pour une durée de six mois, explique un article de la RTBF ce lundi.

Le snack se situe près de la place de Bethléem et de la Porte de Hal, soit l’un des hotspots bruxellois en matière de trafic de drogue. Au sein de l’établissement, la police a constaté du deal, a contrôlé des trafiquants et a saisi des stupéfiants et de l’argent, précisent nos confrères.

Le gérant se dit désemparé par la fermeture. Selon lui, il n’est pas responsable du profil de ses clients et affirme qu’à cause de la fermeture, il n’a presque plus aucun revenu alors qu’il a des dettes et des factures qui s’accumulent.

Face à la décision du bourgmestre, qu’il considère comme une injustice, le gérant a fait un choix avec son avocat : se tourner vers le Conseil d’État. “On attendrait des patrons de restaurants et de petits snacks de contrôler leurs clients, de les fouiller à l’entrée. C’est évidemment impossible“, argumente Maître Nelson Briou, l’avocat du gérant. Ils estiment que ce n’est pas en fermant les commerces que les trafics de drogue vont s’arrêter et qu’il est dans l’intérêt du quartier qu’il y ait des établissements et de l’activité économique. “Si vous avez un quartier qui est déjà sinistré, si en plus de ça vous allez fermer les commerces, vous allez augmenter le chômage, augmenter la précarité…“, argumente l’avocat.

► Voir notre reportage | Violences liées à la drogue : quelque 500 habitants de Saint-Gilles se mobilisent contre le crime organisé

Le bourgmestre de Saint-Gilles n’est pas d’accord avec cette position. Il précise auprès de la RTBF que “de tout temps, malheureusement, avait fait l’objet d’un rapport privilégié avec les dealers et qu’ils l’utilisaient“. Pour Jean Spinette, “Les tenanciers d’établissement sont responsables de la sécurité et de l’ordre public“. Pour le mayeur, la fermeture de l’établissement est nécessaire pour lutter efficacement contre les trafics de drogue et parle même de “complicité” si le gérant laisse entrer les dealers.

Finalement, le Conseil d’État a rejeté la demande de suspension, estimant qu’il n’y avait pas d’erreur manifeste d’appréciation et que le quartier, étant un hotspot, justifiait la décision du bourgmestre. L’avocat et le gérant comptent tout de même poursuivre la demande de suspension et vont prendre contact avec le bourgmestre. Ils espèrent pouvoir éviter le renouvellement pour six mois de l’arrêté de fermeture.

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BX1 – Photo : Google Street View