Un rassemblement en soutien au peuple vénézuélien devant le ministère des affaires étrangères
Un rassemblement d’une centaine de personnes devant le ministère des affaires étrangères s’est tenu mardi en fin d’après-midi à Bruxelles pour soutenir le peuple vénézuélien et dénoncer l’inaction du gouvernement belge à cet égard.
À l’initiative de la Coordination nationale d’action pour la paix et la démocratie (CNAPD), le rassemblement a également dénoncé une violation du droit international par les États-Unis au Venezuela.
Le 3 janvier dernier, l’administration Trump avait attaqué le pays sud-américain et capturé le président Nicolas Maduro, dont la réélection en 2024 n’avait pas été reconnue par l’Union Européenne (UE), qui avait soutenu l’opposante Maria Corina Machado.
“Aujourd’hui, le monde évolue dans une direction assez inquiétante“, a déclaré Giulia Contes, co-présidente du CNAPD, lors de sa prise de parole. “La force du droit, du droit international, de la diplomatie, de la coopération entre pays, est remplacée par le droit du plus fort“.
Le rassemblement, encadré par deux combis de la police, s’est déroulé dans le calme, avec des prises de parole de plusieurs organisations, telles que Vrede Vzw, Intal et le CNAPD.
Les manifestants s’étonnent de l’absence de condamnation, par les autorités belges et européennes, des attaques américaines, que les militants qualifient d'”agressions”.
“La moindre des choses aurait été de condamner l’attaque des États-Unis“, a déclaré Grégory Mauzé, autre co-président du CNAPD. “Le minimum aurait été d’annuler la rencontre avec Marco Rubio“.
Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot avait en effet rencontré le secrétaire d’État américain Marco Rubio à Washington la semaine dernière. Les deux hommes avaient abordé le Venezuela, entre autres sujets, avait indiqué le cabinet du ministre. “L’allégeance aux États-Unis a été répétée alors même que l’on assiste à des violations inédites du droit international“, a poursuivi Grégory Mauzé.
Les militants ont également peur que l’attaque au Venezuela créé un précédent pour les États-Unis. “Trump a clairement fait comprendre que l’Amérique Latine était son arrière-cour et qu’il faisait ce qu’il veut“, a déploré Ludo De Brabander de Vrede vzw. “C’est un politicien dangereux. Ces méthodes seront copiées par les autres pays puissants. Comment dire aux pays comme la Chine et la Russie de faire respecter le droit international si les États-Unis ne le font pas?“, s’est interrogé Ludo De Brabander.
Le président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro, avait comparu devant la justice américaine le 5 janvier dernier. Il restera incarcéré dans une prison fédérale de New York en attente de sa prochaine comparution, prévue le 17 mars.
Belga – Photo : Belga Image