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Un enseignant entame une grève de la faim pour défendre les repas scolaires à Saint-Gilles

“Hors de question de s’habituer à l’odieux“. Michel Barile, professeur d’histoire à l’Institut des Filles de Marie à Saint-Gilles, a entamé mercredi à 08h00 une grève de la faim de trois jours pour dénoncer la diminution du financement des repas scolaires. L’enseignant et délégué syndical CSC de 62 ans réclame le maintien de repas chauds gratuits pour les élèves les plus fragilisés

Installé dans un local de l’établissement, il compte poursuivre son action jusqu’à vendredi à 15h30, avec un suivi médical. “Moi, j’aurai faim pendant trois jours, c’est vrai. Mais les enfants, eux, c’est tous les jours“, explique-t-il.

■Reportage de Jean-Christophe Pesesse et Nicolas Scheenaerts

L’idée a germé en juin. Avec l’accord de la direction et du pouvoir organisateur, il passera deux nuits dans l’école. “Pour moi, une action se fait sur son lieu de travail“, souligne-t-il. Il a déjà reçu des marques de soutien d’élèves.

Selon l’intersyndicale, le financement annuel des repas scolaires à l’Institut est passé de 85.000 à 35.000 euros. Michel Barile évoque une enveloppe initiale de 21 millions d’euros en Fédération Wallonie-Bruxelles, dont 16 millions ont été utilisés, contre 14 millions désormais.

Selon la Ligue des familles, la réduction est encore plus importante : l’enveloppe de 21,4 millions d’euros consacrée aux repas gratuits a été supprimée et compensée par 9,2 millions d’euros, enseignement spécialisé compris. Ces moyens sont répartis entre environ deux fois plus d’écoles et les repas financés ne doivent plus nécessairement être gratuits, précise-t-elle encore.

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L’école fondamentale a remplacé les repas gratuits par une formule payante proposée par un prestataire extérieur. Une cinquantaine des 273 élèves y sont inscrits. Les autres apportent leur repas. Certains n’ont toutefois parfois rien à manger, rapporte Michel Barile sur la base de témoignages de collègues. Dans le secondaire, des éducateurs ont également payé des sandwiches à des élèves faute de moyens, indique-t-il.

Le repas coûte désormais 4,50 euros. Selon l’enseignant, le travail d’information mené auprès des parents a amélioré le contenu des boîtes à tartines, mais des difficultés subsistent. Il dénonce un projet “élitiste” de la ministre Valérie Glatigny (MR), qui s’en prend, selon lui, “aux plus faibles“.

L’enseignant demande une concertation avec les organisations syndicales et une révision du financement. “On ne vous laisse pas seuls. Je ne trouve pas normal que des enfants ne puissent pas avoir à manger”, insiste-t-il.

Du 12 au 16 octobre, des membres du personnel renonceront symboliquement à leur repas de midi. Un repas chaud sera offert aux enfants du fondamental le 13 octobre, avec l’aide du personnel et de parents. Le pouvoir organisateur et les directions soutiennent cette mobilisation.Une soixantaine de collègues participeront au “Relais de la faim“. Des élèves du secondaire aideront également à organiser le repas destiné aux 273 enfants.

“Une école, quelle qu’elle soit finalement, est toujours un tremplin“, souligne Johann Dizant, directeur du secondaire, qui défend l’égalité des chances dans ce quartier populaire. “Dans une école où les élèves sont respectés, les élèves nous respectent, bien évidemment, et on parle ensemble, on est ensemble, et on construit ensemble notre avenir.”

Belga