“Un drame social”, “une attaque contre Bruxelles”: la décision de Van Bossuyt suscite un tollé politique
Ahmed Laaouej, Dirk De Smedt, Benjamin Dalle, Philippe Close et Vooruit.brussels dénoncent la suppression de 1.000 places du Brussels Deal.
Les ministres bruxellois Ahmed Laaouej (PS) et Dirk De Smedt (Anders) ont dénoncé jeudi la décision de la ministre fédérale Anneleen Van Bossuyt (N-VA) de supprimer 700 places d’accueil supplémentaires pour demandeurs d’asile en Région bruxelloise.
Cette décision “mènera à un drame social“, alerte le ministre bruxellois des Finances Dirk De Smedt, dans De Morgen. Selon lui, la ministre fédérale de l’Asile et la Migration “joue avec les statistiques” en modifiant régulièrement les conditions d’inscription sur la liste d’attente, afin de prétendre ensuite que celle-ci diminue. “Elle nous met devant le fait accompli, tout en sachant parfaitement que nous ne pourrons pas résoudre ce problème rapidement et que des gens se retrouveront à la rue.”
Sur La Première (RTBF), le ministre bruxellois de l’Action sociale, Ahmed Laaouej, a dénoncé une décision “totalement irresponsable et inhumaine, qui va jeter des centaines de personnes dans la rue, dont des enfants, en pleine canicule“. Il y voit “une attaque en règle contre Bruxelles” et appelle les autres membres du gouvernement fédéral à réagir.
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Le député bruxellois Benjamin Dalle (CD&V), qui préside le conseil de la Commission communautaire flamande (VGC), veut que les deux gouvernements – fédéral et bruxellois – se remettent autour de la table pour conclure “un nouveau Brussels Deal”.
À ses yeux, la décision de la ministre Van Bossuyt n’est “ni juste, ni efficace”. “Les décisions unilatérales et non concertées n’aident en rien. Ce n’est qu’en collaborant étroitement que nous pourrons relever les grands défis liés à la migration, au sans-abrisme et à l’absence de chez-soi”, a-t-il dit.
“Que propose-t-elle pour ces gens qui ne vont pas disparaître?
La décision d’Anneleen Van Bossuyt (N-VA) ne résoudra rien, que du contraire, a réagi jeudi le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, Philippe Close (PS). “Je suis scandalisé par cette méthode. Je ne comprends pas cette décision unilatérale prise sans concertation avec les communes concernées“, a déclaré celui-ci à l’agence Belga.
“Mme Van Bossuyt attend-elle de nouveaux camps de réfugiés dans les parcs? À part un pourrissement de la situation, que propose-t-elle pour ces gens qui ne vont pas disparaître? Ce sont les usagers de la ville qui vont subir les conséquences de ce slogan qui ne va rien régler“, a-t-il ajouté.
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Au passage, M. Close a rappelé que Bruxelles faisait déjà jusqu’ici plus que largement sa part du travail en hébergeant quelque 2000 personnes sur son territoire dans le cadre du Brussels Deal auquel elle participe financièrement, alors qu’il s’agit d’une compétence exclusivement fédérale. Quelque 60% de l’aide médicale urgente est assurée par le seul hôpital (ndlr: public) Saint-Pierre qui dépend de la Ville de Bruxelles.
Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles a par ailleurs mentionné le fait qu’il n’avait été invité à une rencontre avec la ministre Van Bossuyt qu’une seule fois après avoir déploré, au cours de l’émission de la VRT “Terzake” que ses appels dans ce sens étaient restés vains.
Une suppression qui “aggrave la détresse humaine”
La décision suscitait également, ce jeudi, l’incompréhension au sein de la section bruxelloise de Vooruit. Cette suppression “aggrave la détresse humaine et met encore davantage à mal la qualité de vie dans notre ville“, selon Vooruit.brussels.
“On ne résout pas les problèmes en enfonçant encore davantage les gens dans la misère“, ajoutent les socialistes flamands. “Les gens ne disparaissent pas comme ça, tant qu’ils n’ont pas de perspectives d’avenir. Moins d’accueil ne signifie pas moins de personnes à Bruxelles, mais davantage de personnes dans la rue.”
La section bruxelloise de Vooruit dénonce un manque de gouvernance de la part de la ministre fédérale. “La bonne gouvernance exige concertation et coopération entre tous les niveaux de pouvoir. Nous réclamons une approche à la fois humaine et efficace“.
La suppression annoncée ce jeudi matin de 700 places d’accueil dans le “Brussels Deal”, quinze jours après une première annonce d’une suppression de 300 places, aura pour effet de réduire de moitié ce dispositif, qui avait été mis en place en 2022 pour pallier la saturation du réseau Fedasil. La ministre N-VA affirme que les listes d’attente se sont réduites et envisage de mettre fin au dispositif d’ici la fin de l’année.
Avec Belga – Photo : Belga Image