Un dernier hommage en musique rendu à José van Dam dans une cathédrale Saints-Michel-et-Gudule comble
La cathédrale Saints-Michel-et-Gudule était presque pleine, ce lundi à 11h, de personnes venues rendre un dernier hommage à José van Dam, le baryton-basse belge, décédé le 19 février dernier à l’âge de 85 ans.
La cathédrale Saints-Michel-et-Gudule, à Bruxelles, a accueilli lundi un dernier hommage à José van Dam, dans une atmosphère de grande solennité, devant un public très nombreux. L’édifice était quasi plein et des chaises ont dû être ajoutées pour accueillir les personnes venues saluer une dernière fois le baryton-basse belge, décédé à 85 ans le 17 février (bien 17 février) dernier.
Sous le soleil, la lumière traversant les nombreux vitraux a illuminé la nef avec majesté, renforçant encore le caractère recueilli de la cérémonie. Dans une cathédrale baignée de clarté, le silence du public répondait à une musique omniprésente, qui a porté l’essentiel de cet adieu. Plus que les mots, ce sont les œuvres interprétées et les enregistrements de José van Dam lui-même qui ont donné le ton de l’hommage.
Des pièces de Bach, Fauré, Mozart, Rachmaninov, Schubert, Mahler ou encore Schumann ont accompagné la cérémonie. Le programme a réuni plusieurs figures du monde musical belge, dont Bernard Foccroulle, Augustin Dumay et Jean-Claude Vanden Eynden, ainsi que l’Orchestre et le Chœur de La Monnaie et des artistes liés à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth. Des témoignages ont également ponctué la célébration. La princesse Claire figurait parmi l’assistance.
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Au fil de la cérémonie, la musique est restée le fil conducteur de l’hommage. Elle a occupé l’espace bien davantage que les discours, dans un registre à la fois sobre et chaleureux. Le public a suivi avec recueillement cette succession d’interprétations, de lectures et de prises de parole, dans une ambiance de grande dignité.
Dans l’assistance, plusieurs personnes ont souligné l’importance qu’avait eue l’artiste dans leur parcours. “Il a accompagné ma vie musicale, il était impensable de ne pas être là”, a confié Louise à l’agence Belga. Anne-Charlotte, elle-même jeune chanteuse, a estimé que “la Belgique perd une de ses plus grandes voix”. “C’est une belle cérémonie, on lui a rendu un bel hommage”, a pour sa part résumé Yvan à l’issue de l’office.
La Chapelle Musicale Reine Elisabeth, qui avait annoncé son décès le 19 février, avait salué en lui “le plus grand ambassadeur de l’art lyrique” de la Belgique, mais aussi “un mentor” et “une figure paternelle”. L’institution rappelait qu’il ne chantait “jamais pour l’applaudissement, mais toujours pour la vérité du personnage”. José van Dam y avait transmis son expérience à de jeunes chanteurs durant près de deux décennies. Il avait passé le relais en 2023, tout en restant maître emeritus.
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Fait baron en 1998 et proche de la reine Fabiola, José van Dam avait également interprété plusieurs airs de Bach et de Schubert lors des funérailles de la souveraine, en 2014. En 2004, le Conservatoire royal d’Anvers lui avait décerné le titre de Maestro Honoris Causa. À l’annonce de sa disparition, la ministre-présidente et ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Elisabeth Degryse, avait salué un artiste ayant “fait rayonner notre pays aux quatre coins du monde sur les plus grandes scènes lyriques”.
Lundi, dans la cathédrale bruxelloise, c’est précisément cette empreinte-là qui s’est donnée à voir et à entendre: celle d’un chanteur dont la voix, la carrière et la transmission ont marqué durablement plusieurs générations de mélomanes et d’artistes.
Né Joseph Van Damme à Ixelles le 25 août 1940, José van Dam avait étudié au Conservatoire royal de Bruxelles avant d’entamer sa carrière à l’Opéra de Paris. Entre 1967 et 1973, il s’était produit à Berlin, notamment dans le rôle de Leporello du Don Giovanni de Mozart, avant de mener une carrière internationale sur les plus grandes scènes lyriques, de la Scala de Milan au Metropolitan Opera de New York, en passant par Vienne et Londres.
Belga – Photo : Belga Image