Un Anderlechtois condamné à 6 ans de prison pour viol et mauvais traitements infligés à une escorte transgenre
Un Anderlechtois de 36 ans a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Bruxelles à une peine de six ans de prison pour avoir violé et infligé des mauvais traitements des heures durant à une escorte transgenre.
Les faits remontent au 19 novembre 2023. La victime n’est parvenue à s’échapper qu’au matin via le balcon de l’appartement du prévenu. Celui-ci a affirmé que la victime avait tenté de l’escroquer et qu’il n’y avait eu aucun rapport sexuel.
Ce sont les voisins qui ont appelé la police, après avoir vu la victime s’enfuir à moitié nue. La version de chacune des deux parties diverge diamétralement. “La victime assure que le prévenu l’avait sollicitée pour une période de trois heures et qu’il était au courant qu’elle était une femme transgenre“, a rappelé le parquet. “Au bout d’une heure, la femme a voulu s’en aller et a proposé à son client de le rembourser mais ce dernier n’a rien voulu entendre, l’a retenue prisonnière et l’a privée de son GSM. Elle a dû rester deux heures supplémentaires et le prévenu lui a ensuite proposé 300 euros de plus pour rester encore deux heures. Devant son refus, l’homme l’a menacé au moyen de deux couteaux, l’a contrainte à se droguer et l’a violée à plusieurs reprises. Durant tout ce temps, la victime assure avoir reçu des coups“.
Le parquet estime que plusieurs éléments plaident en faveur de la version de la victime, notamment “des blessures visiblement causées par des mauvais traitements. Elle a également pu parfaitement décrire les couteaux utilisés pour la menacer, les serviettes employées par le prévenu pour se laver. Son appartement recelait également des traces de drogue et une analyse de ses cheveux a prouvé qu’il consommait quotidiennement de la cocaïne“.
Les voisins ont filmé des coups portés par le prévenu à la victime et le psychiatre a identifié chez l’individu – au casier judiciaire, par ailleurs, lourdement chargé – une problématique de personnalité et des caractéristiques narcissiques. La défense a fait valoir qu’aucune trace ADN du prévenu ne se trouvait sur la victime, qu’aucune blessure n’indique un viol et que les voisins n’ont rien entendu de la nuit. Elle a plaidé une peine de travail.
Le tribunal n’a pas suivi la thèse de la défense et a condamné l’homme à six ans de prison ferme. Il n’a par contre pas obtempéré à la demande du ministère public de placer dans la foulée le condamné sous mandat d’arrêt.
Belga/Photo d’illustration