Survol de Bruxelles : Benoît Cerexhe et les bourgmestres de Bruxelles demandent des actions du gouvernement fédéral
La Conférence des bourgmestres de Bruxelles présente une motion qui concentre des propositions sur la problématique du survol de la région bruxelloise. Les 19 bourgmestres de la capitale se sont accordés sur ce texte. Ils demandent des actions du gouvernement fédéral et du ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke.
Les bourgmestres de la capitale commencent par demander de confirmer de manière absolue le principe du non-survol des zones densément peuplées et de considérer que cela concerne tout le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale. Ils ajoutent : “s’employer à proposer des mesures réalistes et pertinentes destinées à diminuer les atterrissages et les décollages vers la Région bruxelloise, en étant conscients du rôle de l’aéroport en termes d’économie et d’emploi.”
Diminution des atterrissages sur les pistes 01 et 07
Pour la Conférence des bourgmestres, la priorité est de diminuer les atterrissages au-dessus de Bruxelles, dont une partie se fait de nuit. De plus en plus d’atterrissages ont été observés sur les pistes subsidiaires 01 et 07 à cause du vent. Ces pistes sont activées pour permettre aux avions d’atterrir face au vent, mais l’approche doit alors se faire au-dessus de la capitale et les avions traversent la Région d’ouest en est.
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Ce sont des normes de vent établies par l’État fédéral qui déterminent quand on bascule sur les pistes subsidiaires. Pour les bourgmestres, ces normes sont trop strictes : “les pistes principales/préférentielles sont trop rapidement délaissées, entraînant une surutilisation des pistes pourtant subsidiaires”, selon un communiqué de la Conférence des bourgmestres.
Il est donc demandé par les bourgmestres d’utiliser ces pistes uniquement lorsque cela est nécessaire pour la sécurité. La Conférence des bourgmestres rappelle aussi que la justice a ordonné à deux reprises à l’État belge de remplacer les instructions actuelles jugées trop strictes. Le respect de cette décision de justice aurait pour impact une diminution des atterrissages au-dessus de Bruxelles.
Deux mesures pour les décollages
Deux mesures sont demandées à l’État belge par les bourgmestres de la capitale au niveau des décollages : un aménagement de la piste 25 gauche, ce qui permettrait de décoller en évitant la Région bruxelloise. Autre mesure : imposer aux avions décollant depuis la piste 25 R d’effectuer un virage vers le Ring pour éviter la Région.
La Conférence des bourgmestres ajoute une série de mesures qui pourraient, selon elle, impacter positivement les décollages et les atterrissages :
- L’interdiction des vols de nuit (entre 22 h et 7 h)
- La limitation des niveaux de bruit émis par les avions et l’interdiction des avions particulièrement bruyants ne respectant pas les seuils
- La limitation de l’aéroport à une vocation d’aéroport urbain, dont les activités régulières sont diurnes
- Le respect des normes de bruit bruxelloises
- L’interdiction des vols « sauts de puce »
95 % des atterrissages en infraction
La Conférence des bourgmestres rappelle aussi que de nombreux décollages ont lieu entre 6 h et 7 h, pendant les heures de nuit. Sur certaines routes qui survolent Bruxelles, 95 % des atterrissages sont en infraction concernant les différentes normes de bruit.
Au total, en 2025, 72 393 décollages ont eu lieu en direction de la capitale (soit 200 par jour) et 19 136 atterrissages, dont 11 000 de nuit.