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Pollution des sols: 200.000 parcelles sans données à Bruxelles

Une cartographie existe pour recenser la pollution des sols à Bruxelles… mais elle comprend 80% de “zones blanches”, révèle une  enquête du magazine Médor. Comprenez: des zones où l’on ne dispose d’aucune donnée.

Reportage de Simon Breem et Nicolas Scheenaerts

Même s’il s’agit d’un “super outil“, la carte de l’inventaire de l’état du sol à Bruxelles connaît des manquements, explique la journaliste Lou Jansens.  “Ni archivistes ni historiens n’y ont participé donc il y a très peu d’activités reprises concernant le XIXe siècle, alors qu’à ce moment-là on a une activité industrielle très dense et très polluante à Bruxelles. Aujourd’hui, Bruxelles Environnement n’a pas le droit légalement d’implanter de nouvelles parcelles dans l’inventaire. La question se pose aujourd’hui d’amender l’ordonnance pour permettre d’ajouter les données historiques qui dorment dans les archives et qui nous permettraient d’ajouter ces données précieuses sur tous ces sites pollués“.

Au total, ce sont “200.000 parcelles sans données à Bruxelles, ce qui peut donner un biais de lecture: s’il n’y a pas d’information, c’est que je ne risque rien. Or, ici, l’absence d’information ne signifie en aucun cas une terre saine. Quand on voit que la cartographie est muette pour 80 % des parcelles, on peut se poser la question de ce qui est pollué ou non.

Interview | Cartographie des sols pollués : “80% de la carte est muette”

Bruxelles Environnement reconnaît les limites de sa carte de l’état des sols. L’administration précise toutefois qu’elle ne peut pas compléter librement ces lacunes. “De nouvelles informations pertinentes quant à l’état du sol peuvent être ajoutées et nous en ajoutons au quotidien”, indique-t-elle. Mais “le législateur a clôturé la phase de création de l’inventaire” et Bruxelles Environnement ne peut donc plus rechercher de sa propre initiative des données historiques.

Une évolution législative est désormais envisagée afin de permettre l’utilisation de nouvelles sources, notamment les archives cadastrales. Ces données pourraient aider à mieux retracer les activités industrielles anciennes et à identifier plus tôt d’éventuelles pollutions, afin d’éviter des découvertes tardives en cours de chantier et les surcoûts qui peuvent en découler.