“On nous offre du mépris” : Olivier Willocx répond aux propos de Boris Dilliès
Une passe d’armes interne au MR bruxellois oppose Olivier Willocx à Boris Dilliès autour du rôle des parlementaires de la majorité.
“Il y a parfois des parlementaires frustrés et en manque de notoriété qui, par des “off” destructeurs ou des posts malveillants sur les réseaux sociaux, viennent distiller une petite musique… J’invite plutôt ceux qui se prêtent à ce jeu à faire le travail pour lequel ils ont été élus et pour lequel ils sont rémunérés” : ce sont les mots du ministre-président Boris Dilliès (MR) réagissant auprès de La Libre aux propos du député Olivier Willocx, qui avait critiqué, deux semaines plus tôt, la stratégie du parti et sa “droitisation“, qu’il juge contre-productive.
Dans une lettre ouverte publiée sur Facebook, l’ancien CEO de la chambre de commerce de Bruxelles (Beci) souhaite “rétablir les faits“.
“Depuis la formation de ce gouvernement, les députés MR de la majorité bruxelloise ont accepté, à la demande expresse de la direction du parti, de faire preuve de retenue : ne pas déposer de textes, laisser le gouvernement travailler, lui donner le temps et l’espace nécessaires pour s’installer et agir“, assure le député libéral. “Nous avons respecté cette discipline, par loyauté envers la coalition et par sens des responsabilités envers les Bruxellois. Je me suis aussi interdit, jusqu’à présent, toute critique de l’action du Gouvernement pour les mêmes raisons“, précise Olivier Willocx avant de répondre aux déclarations du ministre-président : “En retour, on nous offre du mépris.”
Notre rôle est de soutenir la majorité, certes, mais aussi et surtout de contrôler l’action du gouvernement
Aux yeux du député, l’une des fonctions d’un élu est d'”exprimer publiquement des interrogations sur la stratégie politique d’un parti” et que le Parlement bruxellois “n’est pas une chambre d’entérinement“. “Notre rôle est de soutenir la majorité, certes, mais aussi et surtout de contrôler l’action du gouvernement. C’est la base de notre système démocratique belge.”
Olivier Willocx réagit directement aux mots de Boris Dilliès : “Qualifier cet exercice de ‘petite musique’ distillée par des élus frustrés, c’est confondre la loyauté avec la soumission. Ce n’est pas ce que j’ai signé.”
Il demande donc du ministre-président et du gouvernement bruxellois “de l’action, de la clarté, et du respect envers les parlementaires“. “Je vous demande, Messieurs les Présidents, de clarifier publiquement quel espace est reconnu aux parlementaires MR pour exercer leur mission de contrôle et exprimer leurs analyses, sans s’exposer à des attaques personnelles de la part du chef de gouvernement qu’ils soutiennent.”
BX1 – Photo : Belga Image