Saint-Gilles: mobilisation contre l’expulsion d’une cinquantaine de sans-papiers occupant un ancien bâtiment de la CSC

Une cinquantaine de personnes sans-papiers ou demandeuses d’asile risquent d’être mises à la rue. Dès ce vendredi, elles pourraient être expulsées d’un ancien bâtiment de la CSC Enseignement à Saint-Gilles. Une mobilisation de soutien était organisée cet après-midi sur la place communale.

Environ 80 personnes se sont rassemblées lundi après-midi, sous la neige, devant la maison communale de Saint-Gilles pour protester contre la menace d’expulsion visant l’occupation du 16, rue de la Victoire, un bâtiment vide appartenant à la CSC-Enseignement. Les manifestants dénoncent une expulsion annoncée pour le vendredi 9 janvier, en pleine période hivernale, qui concernerait une cinquantaine de personnes, dont des familles avec enfants.

■ Reportage de Romain Vandenheuvel et Nicolas Scheenaerts

Les occupants et leurs soutiens rappellent que le bâtiment est occupé depuis avril 2024 et qu’un accord de principe avait été dégagé avec le futur acquéreur pour un départ au moment du lancement des travaux, attendu après l’obtention du permis d’urbanisme. Selon le collectif, les contacts avec le candidat acquéreur sont “cordiaux” et celui-ci n’aurait pas l’intention de faire vider les lieux avant cette échéance.

► Revoir notre reportage | Occupation d’un bâtiment de la CSC par des sans-papiers: une manifestation a eu lieu contre leur expulsion

Le bourgmestre socialiste Jean Spinette est descendu à la rencontre des manifestants et a échangé avec eux durant le rassemblement. La commune a confirmé qu’une réunion de médiation est prévue mardi avec l’ensemble des parties prenantes : la CSC-Enseignement, le futur acquéreur du bâtiment et les occupants, sous l’égide de l’administration communale. L’objectif affiché est de trouver un terrain d’entente et d’aboutir à la signature d’une convention d’occupation temporaire.

“À ce stade, je n’ai aucune raison de procéder à une expulsion”

En pleine période hivernale, procéder à une expulsion le 9 janvier est complètement déraisonnable. Cela ne fait aucunement l’objet d’une décision communale“, a insisté le bourgmestre. Il rappelle que l’occupation, en place depuis avril 2024, “se déroule de manière paisible et constante, sans trouble à l’ordre public”. “À ce stade, je n’ai aucune raison de procéder à une expulsion“, a-t-il ajouté.

La commune se déclare pleinement consciente de la situation sociale des familles hébergées dans ce bâtiment et du risque humain que représenterait une expulsion en période hivernale, alors que les dispositifs d’accueil d’urgence sont saturés. Bien que le dossier relève juridiquement d’un litige privé, un jugement d’expulsion ayant été rendu par la justice de paix en juin 2024, le collège communal dit travailler à une solution de médiation “afin de garantir la dignité humaine“. “Nous avons pu à plusieurs reprises confirmer le caractère paisible de cette occupation et soutenu pour qu’elle se prolonge“, souligne Jean Spinette.

► Voir aussi | Deux arrestations lors de l’expulsion au square de l’Aviation: “L’intervention a été très violente”, dénoncent les militants

La piste privilégiée consiste à transformer l’occupation actuelle en une occupation conventionnée, au moins pendant la trêve hivernale et jusqu’au début des futurs travaux envisagés par le nouvel acquéreur. Une telle convention permettrait de “passer l’hiver sans renoncer à l’applicabilité du jugement le cas échéant“, selon le bourgmestre, qui confirme que le candidat acquéreur se montre ouvert à cette solution.

4000 euros par mois à charge de la CSC

Un point reste toutefois sensible : la prise en charge des charges liées au bâtiment, estimées à environ 4.000 euros par mois, principalement pour l’eau et l’électricité. “Le plaidoyer de la CSC-Enseignement n’est pas complètement infondé“, reconnaît le maïeur, évoquant une organisation syndicale qui supporte encore ces coûts tant que la vente n’est pas finalisée. La commune dit examiner différents leviers, dont l’exonération de la taxe sur les bâtiments inoccupés, afin de favoriser une occupation “paisible, conventionnée et responsable“.

De leur côté, les manifestants, soutenus par le Front anti-expulsions, dénoncent une procédure jugée “indigne d’un syndicat“. “Menacer d’expulser des familles, des enfants et des personnes vulnérables en plein hiver est irresponsable, alors qu’une voie de sortie concertée existe avec le futur propriétaire“, affirme le collectif, qui appelle à suspendre l’expulsion et à permettre aux occupants de rester jusqu’au printemps, le temps de préparer une solution de relogement.

Belga – Photo : BX1

BX1
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Plus d'informations sur nos mentions légales