Les syndicats à nouveau dans la rue vendredi à Bruxelles, contre la politique de l’Arizona
Les syndicats CSC et FGTB mèneront de nouvelles actions, vendredi, dans les rues de Bruxelles, alors que les négociations budgétaires du gouvernement fédéral battent leur plein et que le Premier ministre, Bart De Wever, est en principe attendu le mardi 13 octobre, à la Chambre, pour sa déclaration de politique générale. L’action de vendredi précède une autre journée de grève dans les secteurs publics, prévue lundi 12 octobre, et intervient dans un contexte de vives contestations dans le secteur de l’enseignement francophone.
Sous le slogan “Pas dans nos poches“, la FGTB a appelé à une manifestation, vendredi matin, au départ de la gare de Bruxelles-Central. Le syndicat socialiste s’oppose à la politique socio-économique du gouvernement fédéral et plus particulièrement à une possible augmentation de la TVA et à une annualisation du temps de travail “qui impose toujours plus de flexibilité“. La FGTB refuse en outre que l’on touche à l’indexation automatique des salaires “et donc au pouvoir d’achat“.
La manifestation, qui devrait s’élancer après des prises de parole de responsables syndicaux prévues vers 11h00 à la gare centrale, est présentée comme “un premier avertissement” au gouvernement fédéral. Ce dernier s’est fixé l’objectif de trouver 10 milliards d’euros d’ici la fin de la législature en 2029. La Belgique doit théoriquement remettre son projet de budget à la Commission européenne au plus tard le 15 octobre.
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Au contraire du syndicat libre Synova, la CSC s’associe à la FGTB pour cette “action d’avertissement” mais le syndicat chrétien prévoit plus spécifiquement de se rendre vendredi aux sièges des cinq partis (N-VA, CD&V, Vooruit, MR et Les Engagés) qui forment la majorité “Arizona” au fédéral. Des prises de paroles sont là aussi prévues et il a été demandé aux partis de recevoir une délégation syndicale. La secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska, sera notamment présente à 08h30 devant le siège bruxellois du MR.
“Il apparaît de plus en plus clairement que les mesures de l’Arizona plongent un très grand nombre de personnes dans les difficultés et ne contribuent en rien à combler le déficit public. Après tout ce temps sous le gouvernement Arizona, le pays et sa population se trouvent dans une situation pire que jamais“, dézingue la CSC, qui a présenté des propositions concrètes “à hauteur de 21 milliards d’euros pour résoudre le problème budgétaire et redonner véritablement un nouveau souffle au pays.”
Perturbations attendues
Si des milliers, et peut-être même des dizaines de milliers, de manifestants sont attendus dans les rues de Bruxelles, l’action syndicale aura aussi des répercussions aux quatre coins du pays. Ce sera le cas particulièrement dans les transports publics, la Stib, Letec et De Lijn ayant d’ores et déjà prévenu que leurs réseaux seront passablement perturbés.
À Brussels Airport, environ 140 vols seront annulés vendredi. L’aéroport de Charleroi, en revanche, maintiendra tous ses vols vendredi ainsi que lundi, journée au cours de laquelle est prévue une journée d’actions dans les services publics initiée par la CGSP. D’autres conséquences de l’action syndicale de vendredi sont attendues çà et là comme dans des recyparcs wallons.
Sur le rail, les trains circuleront normalement vendredi mais le mouvement de grève de la CGSP restreindra l’offre de trains du dimanche 11 octobre, dès 22h00, au lundi 12 octobre inclus (dernier train), selon la SNCB qui planche sur un “service alternatif” en fonction du personnel disponible.
La dernière manifestation nationale contre le gouvernement fédéral, le 12 mai dernier, avait rassemblé entre 40.000 (selon la police) et 75.000 (selon les syndicats) manifestants dans les rues de la capitale.
Belga