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Les épiceries sociales bruxelloises, inquiètes pour leur avenir, réclament une “reconnaissance politique”

épicerie sociale Les Capucines - Photo : BX1

Dix-huit acteurs du secteur social et de la santé interpellent les autorités bruxelloises sur l’avenir et le financement des épiceries sociales.

Pouvoir acheter des produits à prix fortement réduits (entre 50 et 90 % moins chers) lorsqu’on vit dans la précarité alimentaire, c’est ce que proposent les épiceries sociales. Ces structures, qui sont aujourd’hui au nombre de douze à Bruxelles, entendent “garantir l’accès à une alimentation variée et de qualité pour tous“, tout en “soutenant l’autonomie, réduisant la stigmatisation et permettant aux ménages de planifier leurs courses.

Les épiceries sociales sont, malgré tout, confrontées à une situation qui complique leur existence : elles ne sont pas reconnues comme dispositif à part entière d’action sociale et de prévention de la santé.

Une lettre ouverte, signée par 18 partenaires, est adressée au ministre bruxellois de l’Action sociale, Ahmed Laaouej et à Karine Lalieux, en tant que ministre chargée de la politique de la santé à la Cocof. “Pourquoi l’aide alimentaire continue-t-elle d’être traitée comme une réponse d’urgence, ponctuelle et essentiellement caritative ?“, leur demandent les signataires.

► Voir notre reportage | Les Capucines : l’épicerie sociale propose des produits alimentaires sains à petit prix

Cette absence de reconnaissance cause plusieurs problèmes pour les épiceries sociales, d’après la lettre ouverte. Ces structures dépendent largement de financements instables (appels à projets, mécénats ou partenariats privés). La lettre explique que certains CPAS, comme celui d’Ixelles, ont fermé leur épicerie sociale, privilégiant désormais les colis alimentaires, qui sont moins coûteux à court terme.

Selon les signataires, l’absence de reconnaissance freine également la professionnalisation du secteur: “Dès qu’un dispositif est reconnu par les pouvoirs publics, les équipes se stabilisent, les compétences se développent et la qualité de l’accompagnement des projets s’améliore durablement“, assurent-ils.

Les épiceries sociales demandent donc au gouvernement bruxellois “la reconnaissance officielle des épiceries sociales comme dispositif à part entière d’action sociale et de prévention de la santé ; la mise en place d’un cadre de financement structurel, d’incitants fiscaux pour les entreprises agroalimentaires belges permettant de remonter la chaîne de valeur des dons de denrées, des accès spécifiques aux mesures d’aide à l’emploi ; leur intégration dans une stratégie régionale de lutte pour des Bruxellois en santé et inclus dans la société.”

Les cabinets d’Ahmed Laaouej et de Karine Lalieux n’avaient pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication de cet article.

Maxime Dieu – Photo : BX1

 

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