Les Cuistots solidaires suspendent leur dispositif de nuits d’hôtel : “Les demandes étaient trop nombreuses”
Depuis plusieurs semaines, des familles avec enfants sont à la rue chaque soir car elles ne trouvent aucune solution de logement. A Bruxelles, les centres d’hébergement sont saturés. Grâce à des dons, Les Cuistots solidaires finançaient des nuits d’hôtel comme solution de derniers recours. Mais face à l’afflux des demandes et aux baisses de moyens, l’association doit suspendre ce dispositif.
Passer ses journées au Hub humanitaire, puis se retrouver à la rue pour la nuit, dès 18h. C’est le quotidien d’une famille moldave et ses quatre enfants que nous avons rencontrée : “J’ai beaucoup d’enfants. J’ai une grande famille. Je suis à Fedasil, car j’ai l’asile politique. Le Petit-Château ne nous héberge plus. Mes enfants stressent. C’est la catastrophe“, nous dit-il sous couvert d’anonymat.
C’est pour aider des familles comme celle-ci que l’association des Cuistots solidaires agit chaque jour. Grâce aux dons de particuliers, elle peut payer une à trois nuits d’hôtel aux familles les plus en détresse. Mais depuis quelques semaines, cette association a été prise d’assaut et a dû suspendre son offre. “Ce dernier recours était une sorte de sparadrap et là, ça devenait un sparadrap sur une gangrène qui cachait un problème structurel“, explique Ioana Stoenescu, présidente de l’association. “Notre budget avait explosé, les demandes étaient beaucoup plus nombreuses soir après soir. Le soir de la suspension, nous n’aurions même pas pu trouver assez de chambres pour toutes les familles qui étaient en demande”
Depuis début 2026, l’association a financé 1130 nuitées et hébergé 270 mineurs. L’arrêt de cette aide a donc des conséquences immédiates : “Nos partenaires du Hub leur donnent un sac de couchage et une tente par famille, pas plus. Elles se retrouvent désœuvrées dans la rue. Certaines viennent d’arriver à Bruxelles, espérant avoir une aide de l’État belge“.
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Tous les centres sont saturés. Sisters House par exemple, centre d’hébergement de BelRefugees est complet. Une cinquantaine de femmes sont sur liste d’attente. C’est un nouveau cri d’alerte qui est lancé aujourd’hui. “Notre appel, il est de dire à Madame la ministre Van Bossuyt qu’elle doit tenir compte des conséquences de ses politiques et permettre aux entités fédérées et aux associations qui travaillent avec ces entités fédérées de pouvoir continuer à faire leur travail“, réagit Mehdi Kassou, le directeur général de BelRefugees. “Aujourd’hui, on est complètement saturés. Tous nos lits sont remplis. Tous nos dispositifs sont remplis. Et malgré ça, on envoie des enfants à la rue. C’est dramatique.”
En deux semaines, 36 familles ont demandé un hébergement au Hub Humanitaire. BelRefugees refuse que des enfants, des femmes et des familles continuent de dormir dans la rue.
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■ Reportage de Sarah Uenten