Le procureur requiert deux ans contre un policier pour consommation de cocaïne au travail
Le procureur du Roi a requis deux ans de prison contre un policier pour consommation de cocaïne au travail, vendredi, devant le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles. Il estime que ce policier est aussi responsable d’un vol d’argent liquide commis dans le coffre des saisies du commissariat où il travaillait.
Le policier conteste la prévention de vol. Il reconnaît par contre avoir consommé de la cocaïne, mais replace cette consommation dans la foulée d’une soirée à laquelle il avait pris part avant le début de son service.
Son avocate a plaidé pour une peine de probation autonome. Elle demande surtout au juge de visualiser à nouveau les images des caméras de surveillance installées au coffre des saisies pour constater que le prévenu y analysait un téléphone. Il ne volait pas d’argent, affirme-t-elle.
Pour le parquet, comme pour le juge qui a laissé transparaître son point de vue dans ses questions posées à l’audience, le policier a failli à son devoir d’exemplarité, spécialement en consommant de la cocaïne en service. Le policier, actuellement suspendu, avait une arme de service et accès à un véhicule balisé, a rappelé le procureur.
La police est l’organe chargé de lutter contre le trafic de stupéfiants. Il est “totalement contradictoire” qu’un policier consomme de la cocaïne et participe au trafic, ont indiqué Paul Dhaeyer, président du tribunal de première instance de Bruxelles, et Julien Moinil, procureur du Roi de Bruxelles, spécialement rassemblés pour l’audience mensuelle de la 67e chambre correctionnelle dédiée aux procédures accélérées.
“C’est une question de légitimité”, ont-ils conclu.“Vous savez que je suis attaché à la bonne collaboration entre la police et le parquet”, a encore ajouté le procureur du Roi, qui s’est dit “particulièrement déçu”.
Prononcé le 16 juillet.
Belga