“Le potentiel du quartier est déjà là” : l’avenue de Stalingrad se prépare à sa renaissance
Après des années de chantier liées au métro 3, l’avenue de Stalingrad s’apprête à changer de visage. Dès l’automne, les travaux de réaménagement de surface doivent débuter avec l’ambition de redonner vie à cette artère du centre-ville. C’était le cœur du débat dans Bonsoir Bruxelles ce lundi, avec Anaïs Maes, échevine de l’Urbanisme et de l’Espace public à la Ville de Bruxelles, et Ismaël Saouti, président de l’association des commerçants du Palais du Midi.
Pour Anaïs Maes, le projet est avant tout le fruit d’un long travail mené avec les habitants et les acteurs du quartier. “C’est la Ville de Bruxelles qui, en processus participatif avec le quartier, a créé ces plans”, rappelle-t-elle. L’objectif est de permettre à cette artère emblématique de retrouver sa place dans le paysage urbain bruxellois.
“L’avenue Stalingrad, c’est une avenue majestueuse, c’est une avenue qui a une identité et qui doit aussi avoir de la place pour exprimer cette identité”, explique l’échevine. Les larges trottoirs prévus dans le futur aménagement doivent notamment permettre aux commerces et aux établissements horeca de se réapproprier l’espace public.
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Pour les commerçants, l’enjeu principal reste la relance économique d’un quartier affaibli par près d’une décennie de travaux. “L’avenue Stalingrad, il y a de tout”, souligne Ismaël Saouti. Restaurants, boulangeries, pharmacies, épiceries, bureaux ou encore commerces de proximité composent aujourd’hui un tissu commercial varié.
Selon lui, le problème n’est pas le manque d’intérêt pour le quartier mais l’incertitude créée par le chantier. “Le contexte et le cadre actuel ne permettent à aucun investisseur ou à aucune personne intéressée de venir se lancer.”
La crainte d’une transformation du quartier ?
Le réaménagement pourrait rendre le quartier plus attractif et attirer de nouveaux investisseurs. Pour autant, Anaïs Maes rejette l’idée d’une orientation imposée. “Il y a une liberté de commerce dans notre pays et dans notre ville”, rappelle-t-elle. Elle estime que le potentiel commercial existe déjà et qu’il sera renforcé par le nouveau visage de l’avenue.
L’enjeu sera donc de trouver un équilibre entre attractivité et maintien de la diversité existante, alors que certains habitants craignent de voir disparaître progressivement l’identité populaire du quartier.
“Dans les plans, c’est déjà réussi”
Malgré les inquiétudes, Ismaël Saouti se montre optimiste. Lui-même a participé aux ateliers de concertation ayant permis de définir le projet. “On est arrivé sur un bon compromis”, estime-t-il. Il met en avant les trottoirs élargis, les pistes cyclables en site propre et le maintien d’une circulation automobile.
“On a perdu des places de parking, certes, mais ça se passe un peu partout dans la région”, relativise-t-il. “Je pense que ça va être quelque chose de bien.”
Reste désormais à voir si ce nouvel aménagement permettra au quartier de retrouver son dynamisme sans perdre ce qui fait aujourd’hui sa singularité.