Le nombre de nouveaux baux locatifs chute, malgré une demande toujours plus forte
La contraction du marché locatif s’est traduite, en 2025, par la disparition de plusieurs milliers de nouvelles locations, malgré une demande toujours croissante, a rapporté mercredi Federia dans son baromètre de locations. La Fédération des agents immobiliers francophones de Belgique appelle dès lors à repenser les politiques en matière de logement.
“Contrairement à l’image que s’en font les autorités, 76% des propriétaires bailleurs belges sont des petits investisseurs, des particuliers n’ayant pas plus de un à quatre biens en location”, a expliqué la fédération dans un communiqué. “Or les mesures prises ces dernières années n’ont eu de cesse de décourager les petits investisseurs avec, pour conséquence, une crise du logement qui s’enlise.”
Plus spécifiquement, dans la capitale, la normalisation des loyers se confirme, avec une hausse moyenne limitée à 3,7% en 2025, après des années exceptionnellement marquées en 2023 (8,8%) et 2024 (5,5%), ressort-il du baromètre. Mais l’offre se contracte encore, alimentant les tensions structurelles sur le marché locatif bruxellois avec des loyers moyens dépassant désormais les 1.300 euros pour les appartements et 900 euros pour les studios.
Le parc locatif le plus abordable disparaît de plus en plus rapidement, ce qui se traduit par une hausse marquée du loyer médian de 4,2%, au-delà de l’évolution du prix moyen.
En outre, Ganshoren, Anderlecht et Jette ont aussi passé le cap des 1.000 euros de loyer moyen. Toutes les communes bruxelloises affichent donc à présent un loyer moyen à quatre chiffres pour les appartements.
“La situation devient intenable. Il est urgent que les politiques prennent enfin la mesure du problème et décident de favoriser les investissements plutôt que de les freiner”, a estimé la directrice générale de Federia, Charlotte De Thaye.
En 2025, la Wallonie a enregistré la progression des loyers la plus marquée parmi les trois Régions. Le prix moyen y a augmenté de 5,4% à 888 euros, poursuivant un effet de rattrapage entamé au 1er semestre par rapport à la Flandre (4,5%) et à Bruxelles (3,7%). Toutes les provinces affichent dorénavant un loyer moyen de plus de 800 euros.
Le Brabant wallon a connu la plus forte hausse à 1.238 euros (8,3%), creusant encore l’écart avec les autres provinces wallonnes qui, elles, se tiennent entre 825 euros et 881 euros de loyer moyen. Wavre, en tant que chef-lieu, y a signé la plus grosse progression (6,65%) et est la seule agglomération dont le loyer moyen a atteint les 1.000 euros.
Bien que l’on y observe un ralentissement de la hausse des loyers, le Hainaut et la province de Liège ont franchi, à leur tour, le cap des 800 euros de loyer moyen. L’agglomération de la Cité ardente est cependant la seule à rester sous cette barre des 800 euros.
Face à ces constats, le secteur alerte une nouvelle fois sur l’impact des mesures politiques mises en place par les précédentes législatures qui, maintenues en l’état, ont pour effet de freiner les investissements immobiliers et donc l’accès à un logement décent, durable et accessible.
Belga