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“L’argent qui servait à rénover la cour de récré va aller aux fournitures scolaires” : les écoles contraintes de s’adapter

29 euros par élève : c’est le montant que recevraient cette année les écoles pour financer la gratuité des fournitures scolaires en primaire, selon la Ligue des familles. Pour l’organisation, c’est loin d’être suffisant. Cela couterait en réalité trois fois plus. De quoi impacter le fonctionnement des écoles. Exemple à Woluwe-Saint-Lambert.

À l’école fondamentale de Singelijn, accueillant élèves de primaire et de maternelle, l’heure est aux derniers préparatifs. Certaines fournitures scolaires sont encore dans les caisses dans l’attente d’être dispatchées. Mais cette année, économies obligent, il a fallu s’adapter pour l’achat de matériel. “On a du trouver des solutions pour quand même acheter du matériel à nos élèves“, explique Dominique Paquot, le directeur de cette école. “On acheté moins, mais on a aussi acheté en essayant de trouver du matériel bon marché, souvent au détriment de la qualité, car sinon c’était impossible de rester dans les budgets qui sont alloués par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Cette rentrée, le principe de gratuité est étendu jusqu’à la 4e et 5e primaire. En revanche, le budget total n’a pas été revalorisé. Les écoles doivent ainsi, avec les mêmes subsides, satisfaire les besoins de plus d’élèves. “Nous nous appuyons sur des bénéfices de la fancy-fair ou d’activités que l’on a faites l’année passée, mais d’habitude cet argent là sert à pouvoir rénover les cours de récréation, acheter des jeux pour les enfants. Ici on va devoir aller chercher 8.000 à 10.000€ pour pouvoir couvrir les frais du matériel scolaire.” 

“Des écoles risquent de se mettre dans l’illégalité”

La Ligue des familles vient de sortir un rapport pour tenter d’objectiver la situation. L’association chiffre à 29€ les moyens octroyés contre environ 100€ nécessaires, soit une différence de 70€ par élève. “Le risque c’est de mettre les écoles dans une incapacité de pouvoir vraiment appliquer la loi relative à la gratuité des fournitures scolaires“, pointe Madeleine Guyot, directrice générale de la Ligue des Familles. “Elles vont donc sûrement devoir aller rogner dans d’autres budgets, donc peut-être dans d’autres activités pédagogiques pour lesquelles elles ont des subventions. Elles vont peut-être aussi vraiment se mettre dans l’illégalité et réclamer des frais de fournitures scolaires aux parents.”

La Ligue des familles demande au gouvernement de réévaluer ces mesures. “On est quand même content que la gratuité des fournitures scolaires soit effectivement intégrée dans le décret jusqu’à la cinquième primaire, mais par contre, ce que l’on demande à la ministre, c’est de militer son inspection qui permet de vérifier le respect de la loi par les écoles et l’adéquation des politiques et des subventions en la matière.”

À noter encore que la gratuité sera étendue jusqu’à la 6e primaire dès l’an prochain.

Reportage de Maël Arnoldussen et Romuald Thomas