La police de la zone Polbru tente de faire récuser une magistrate dans un dossier de violence policières
Le dossier concerne des violences policières qui auraient eu lieu le 24 janvier 2021.
Alors que la zone de police de Bruxelles-Capitale/Ixelles demande la récusation d’une magistrate de la chambre du conseil de Bruxelles, la procureure du roi a estimé mardi que cette dernière “n’avait fait que son travail” en demandant d’identifier la zone de police dans un dossier de violences policières remontant au 24 janvier 2021.
Aucun élément ne permet d’attester une partialité dans son travail, a soutenu le parquet, devant la 17e chambre d’appel de Bruxelles, chargée de trancher le contentieux technique déclenché le 19 février par la défense de la zone de police de Bruxelles-Capitale/Ixelles.
Puisque la zone de police était identifiable parmi les inculpés, il est normal qu’elle figure au réquisitoire en son nom plutôt que derrière une dénomination sous “X”, a estimé la procureure mardi. Il était également cohérent de la part de la magistrate de ne pas vouloir passer à côté d’un débat pénal, puisque les parties étaient connues, a-t-elle ajouté.
La magistrate a-t-elle “préjugé” ?
Pour la défense de la zone de police de Bruxelles-Capitale/Ixelles, assurée par Me Laurent Kennes, la magistrate a cependant “préjugé” en demandant la présence de la zone de police dans un réquisitoire où elle ne figurait pas. Demander à remplacer un “X” par quelqu’un revient à préjuger, maintient l’avocat depuis le dépôt de la requête en récusation.
“Il est inquiétant qu’une personne morale de droit public (la zone de police, NDLR) utilise un acte de récusation sans invoquer de base légale et sans fonder sa position“, se sont alarmées deux avocates des parties civiles, Me Loïca Lambert et Joke Callewaert, présentes à l’audience mardi.
Selon elle, la zone de police de Bruxelles-Capitale/Ixelles développe une stratégie “pour retarder ou pour éviter un débat sur sa responsabilité dans un dossier avec des faits graves“.
Selon elle, la zone de police de Bruxelles-Capitale/Ixelles développe une stratégie “pour retarder ou pour éviter un débat sur sa responsabilité dans un dossier avec des faits graves“.
Le 24 janvier 2021, près de 150 personnes, en majorité des jeunes, s’étaient rassemblées sur la place de l’Albertine pour dénoncer une justice de classe et des abus d’autorité de la part de policiers. La police avait procédé à de nombreuses interpellations. Plusieurs jeunes avaient été arrêtés et emmenés à la caserne de police d’Etterbeek, où certains d’entre eux ont subi de la violence, mais aussi des insultes sexistes et racistes.
Le dossier pénal comprend, à ce stade de la procédure, 51 parties, détaille le tribunal de première instance de Bruxelles. Ce nombre important correspond à 35 prévenus, cinq parties civiles, neuf personnes préjudiciées et deux personnes civilement responsables.
Un dossier “très volumineux”
Le dossier est “très volumineux”, a d’ailleurs commenté la procureure du roi mardi, reliant elle aussi la zone de police de Bruxelles-Capitale/Ixelles aux préventions de détention arbitraire et d’arrestation arbitraire au centre de ce dossier répressif.
La procédure pénale pour des faits de violences policières s’ajoute à une condamnation au civil, prononcée le 14 mars 2025 par le tribunal de Bruxelles, et relative aux arrestations du 24 janvier 2021. Au civil, la zone de police de Bruxelles-Capitale/Ixelles, l’État belge et le bourgmestre de Bruxelles ont été condamnés à indemniser 11 victimes qui avaient déposé plainte en janvier 2023 pour les violences policières du 24 janvier 2021.
La 17e chambre d’appel se prononcera le 24 mars sur la requête en récusation déposée par la défense de la zone de police de Bruxelles-Capitale/Ixelles.
Belga, image d’illustration Belga