La désignation du nouveau Délégué général aux Droits de l’Enfant coince toujours

Plus de six mois après avoir lancé la procédure de renouvellement du délégué général aux droits de l’enfant (DGDE), le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’est toujours pas parvenu à se mettre d’accord sur le nom du successeur de Bernard De Vos, bientôt admis à la pension.

Après plusieurs tentatives infructueuses en août, septembre et début octobre, le choix du nouveau (ou nouvelle) DGDE figurait à nouveau à l’ordre du jour du gouvernement arc-en-ciel de ce jeudi, mais sans davantage de résultat. Le dossier semble durablement bloqué.

Depuis des semaines, ministres PS et Ecolo ne parviennent pas à s’accorder sur la personnalité à choisir au sein de la ‘shortlist’ de six candidats arrêtée en juillet dernier par le Parlement de la Fédération qui, sur base des recommandations d’un groupe d’experts (désignés par chaque parti), avait effectué un premier tri parmi une vingtaine de candidats.

Le Parlement n’avait, lui, exprimé aucune préférence parmi les candidats, laissant le gouvernement trancher.

Qui pour succéder à Bernard De Vos ?

Parmi les six successeurs potentiels à M. De Vos figurent trois personnalités issues du sérail politique: Séverine Acerbis, actuelle responsable de la cellule Petite enfance au cabinet de la ministre Bénédicte Linard (Ecolo), Solayman Laqdim, directeur de la prévention à Liège et ancien membre du cabinet de Rachid Madrane (PS), et l’ancienne ministre de l’Intérieur et de l’Éducation, Joëlle Milquet (cdH, devenu Les Engagés).

Les trois autres candidats sont Virginie Cordier, directrice du centre culturel la Vénerie à Watermael-Boitsfort, Madeleine Guyot, conseillère auprès de l’actuel DGDE, et David Lallemand, conseiller et porte-parole de Bernard De Vos.

À chaque parti, sa préférence

Arguant du fait que M. Laqdim est sorti le meilleur classé du jury d’experts, le PS entend désigner l’intéressé.

Du côté d’Ecolo, on plaide pour un ou une candidat.e qui dispose des compétences requises pour cette fonction mais qui soit également indépendant de tout parti politique, comme le réclament les associations du secteur, réunies au sein de la Coordination des ONG pour les droits de l’enfant (CODE).

S’opposant à toute désignation politique, la ministre de l’Enfance, Bénédicte Linard, pousse, elle, la candidature de Madeleine Guyot, proche collaboratrice de l’actuel DGDE depuis 2017 et sans affiliation politique.

Entamé durant l’été, le bras de fer se poursuit. Chacun reste sur ses positions. Et avec les vacances de Toussaint, aucune décision n’est attendue avant quinze jours au moins à présent.

Bernard De Vos reste en place, pour l’instant

Dans l’attente d’un compromis, Bernard De Vos, qui fêtera le 16 novembre prochain ses 65 ans -la limite d’âge normalement fixée par décret pour être Délégué général aux droits de l’enfant- est et restera en place.

Dans son équipe toutefois, les tergiversations du gouvernement à désigner son successeur commencent à agacer. “C’est une situation très inconfortable pour l’institution”, dit-on. “Il est très difficile pour toute l’équipe de se projeter sans savoir qui sera le futur Délégué général“.

Coïncidence, cet imbroglio politique intervient à l’heure où les droits de l’enfant sont particulièrement mis à l’épreuve chez nous, avec des mineurs étrangers non-accompagnés contraints tout récemment de dormir en rue. Ou encore ces centaines de jeunes mineurs en danger qui, faute de places, ne peuvent trouver un hébergement d’urgence.

Un poste novateur, qui existe depuis 1991

L’institution du délégué général aux droits de l’enfant existe depuis 1991. La Belgique francophone fut à l’époque parmi les premières entités à se doter d’une telle institution.

Désigné pour un mandant de six ans renouvelables, son rôle est de formuler des recommandations et de rappeler régulièrement aux responsables politiques et administratifs leurs engagements et leurs obligations en matière de droits des enfants.

Bernard De Vos occupe la fonction depuis 14 ans déjà. Il aurait normalement dû quitter son poste il y a deux ans, mais le gouvernement lui avait demandé de rester en place de manière transitoire, les compétences de DGDE étant appelées à considérablement évoluer. Son champ d’action doit en effet être élargi aux compétences régionales, en Wallonie ainsi qu’à Bruxelles.

 

Belga

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27 octobre 2022 - 18h16
Modifié le 27 octobre 2022 - 18h16